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3 choses à savoir sur le nouveau Gus Van Sant, Don’t Worry, He Won’t Get Far on Foot

Publié le

par Arthur Cios

Dont Worry, He Wont Get Far on Foot @ Amazon Studios

Le célèbre réalisateur américain est de retour avec un excellent biopic à la saveur particulière. Voici trois choses à savoir avant de se ruer dans les salles obscures.

Gus Van Sant est l’un des rares cinéastes de Hollywood à avoir autant de films cultes dans son impressionnante filmographie. Entre Mala Noche, Drugstore Cowboy, My Own Private Idaho, Prête à tout, Will Hunting, Elephant, Paranoid Park et Harvey Milk, sans parler de Promised Land ou À la rencontre de Forrester (un poil plus mitigés mais très bons), il va sans dire que le cinéaste n’a plus rien à prouver à qui que ce soit.

Après le très contesté The Sea of Trees, on savait que le réalisateur reviendrait à la charge avec un casting XXL – comprendre Joaquin Phoenix, Rooney Mara, Jonah Hill et Jack Black, pour ne citer qu’eux – pour un biopic des plus intéressants : un film sur la vie de John Callahan, caricaturiste tétraplégique à l’humour particulièrement noir. Il n’en fallait pas plus pour nous emballer.

Sans surprise, le résultat est grandiose. Don’t Worry, He Won’t Get Far on Foot va au-delà de nos espérances. Van Sant en sort une histoire touchante et à la force impressionnante comme il sait si bien le faire, un véritable exemple du genre – en partie grâce à un Joaquin Phoenix parfait. Avant d’aller voir le film qui vient de sortir au cinéma, voici trois choses à savoir dessus.

1. Robin Williams est à l’origine du projet

Alors que vient de sortir Madame Doubtfire, l’acteur Robin Williams pose une option en 1994 sur les droits de l’autobiographie de John Callahan, Don’t Worry, He Won’t Get Fat on Foot. Il veut non seulement adapter sur grand écran le bouquin, qui a été un choc pour lui, mais souhaite par la même occasion incarner le caricaturiste.

Une manière pour lui de rendre hommage à son ami Christopher Reeve, devenu tétraplégique à la suite d’un accident d’équitation peu de temps auparavant. Pour cela, il demande au réalisateur Gus Van Sant, avec lequel il a déjà travaillé sur Will Hunting, de l’aider à donner vie au projet.

Robin Williams, Gus Van Sant et Matt Damon sur le tournage de <em>Will Hunting.</em> (© Miramax/Herald Photo)

Le cinéaste se souvient avoir été surpris que Williams puisse connaître ce bouquin ainsi que l’existence de Callahan, car si lui connaît le bonhomme (ils viennent tous deux de Portland, et le réalisateur raconte avoir rencontré le caricaturiste, qui travaillait d’ailleurs pour le quotidien local), il reste un dessinateur peu connu. Autant dire qu’il n’hésite donc pas longtemps.

Sauf que le projet ne prendra finalement jamais forme. Pendant des années, Van Sant essaye d’écrire des scripts, mais aucun n’aboutit. Il expliquera que cela était probablement dû au fait que raconter la vie d’un homme alcoolique tétraplégique caricaturiste, joué par un acteur que l’on connaît plus pour ses comédies que ses drames a freiné plus d’un studio. Probablement, oui.

En 2014, Robin Williams décède, et avec lui le projet d’adaptation du bouquin. Quelque temps plus tard, le réalisateur, encore très touché par la disparition de son ami, reçoit un coup de film de Sony qui va permettre de relancer le film. C’est alors qu’il pense à donner le rôle à Joaquin Phoenix, qui accepte rapidement. Mais Sony lâche l’affaire, et Amazon récupère la patate chaude. Le projet prend enfin forme avec un scénario encore plus fidèle au bouquin.

Une entreprise de longue haleine qui aurait pu avoir une tout autre gueule.

2. John Callahan : une vie folle, retranscrite de manière originale

La vie de John Callahan est particulièrement marquante. L’homme est alcoolique depuis déjà plusieurs années, quand il a un grave accident de voiture, le rendant quadriplégique. Il a 21 ans. C’est par la suite qu’il s’intéresse au dessin et décide de se lancer en proposant ses cartoons à des journaux de Portland, ville d’où il vient. Il va devenir mondialement connu pour son travail.

<em>"Ma technique d’examen rectal est un peu différente dans le sens où je suis gay et que je n’ai pas de bras."</em> (© John Callahan)

Le gros point fort du film est la narration et l’angle. Gus Van Sant, sans surprise, décide de ne pas en faire un biopic traditionnel et linéaire, comme Hollywood a l’habitude de pondre. Plutôt que de retracer la vie de l’artiste de manière chronologique, le cinéaste revient sur ses travers et l’évolution de ces derniers.

En réalité, et c’est ce qui est surprenant, on ne se concentre pas sur le dessinateur ou l’homme en fauteuil roulant, mais sur l’alcoolique qu’était Callahan depuis ses 13 ans. Plutôt que son handicap ou son art, le cinéaste décide de raconter son combat et tout ce que cela implique, à savoir la solitude, la culpabilité et un éventail d’émotions liées aussi à ses rencontres. Un postulat de départ qui a pu freiner des studios, mais qui donne au film une saveur différente.

3. Les retrouvailles entre Joaquin Phoenix et Gus Van Sant, 23 ans plus tard

Ce n’est pas la première fois que Joaquin Phoenix et Gus Van Sant travaillent ensemble. Le duo s’est rencontré sur le tournage de Prête à tout, sorti en 1995. L’acteur y joue un adolescent qui, tombant sous le charme d’une présentatrice météo particulièrement manipulatrice (Nicole Kidman), tue le mari de l’intéressée.

Pour le cinéaste, il s’agissait d’un premier film de commande pour un grand studio, en l’occurrence Columbia, après l’échec de son précédent long-métrage, Even Cowgirls Get the Blues. Tandis que pour l’acteur, ce film a lancé sa carrière, lui donnant accès à d’autres grands rôles par la suite.

23 ans plus tard donc, ce sont des retrouvailles importantes pour les deux hommes. Autant dire que Joaquin Phoenix a mis le paquet pour ce rôle. Il a étudié l’autobiographie du personnage, lu et relu le script avec Van Sant et aurait même étudié des interviews et des documentaires, histoire d’être le plus proche du vrai Callahan. Il s’est également rendu dans un centre de rééducation pour se renseigner et discuter avec des patients.

Pour la petite anecdote, il a tenu à faire lui-même la cascade que l’on voit dans le trailer où Callahan tombe de son fauteuil alors qu’il fonce à toute allure – son fauteuil allant jusqu’à 20 km/h sur le tournage.

On n’en attendait pas moins de l’acteur, et le résultat est vraiment frappant.

Don’t Worry, He Won’t Get Far on Foot est sorti ce 4 avril. En attendant, vous pouvez retrouver notre interview du grand Gus Van Sant juste ici :

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