Saftkeur, l’artiste qui crée des femmes géantes aux langues XXL

Saftkeur est un artiste digital pour le moins curieux. Dans son monde imaginaire intitulé Paeratopa, les femmes sont des géantes aux langues extrêmement longues…

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Si on tombait dans la facilité, on pourrait facilement penser que derrière la page Instagram de Saftkeur se cache un garçon quelque peu lubrique qui rêve de se faire dévorer tout cru par l’une les femmes aux langues démesurées qu’il dessine. Erreur.

Avant même de commencer l’interview par email, Saftkeur met immédiatement les points sur les "i". "Je souhaite mettre les choses au clair sur mon genre. Je suis asexuel et non binaire. Donc j’aimerais que vous utilisiez des pronoms neutres pour me qualifier."

Garçon ? Fille ? Transgenre ? Qu’importe, on ne saura pas et cela n’est sans doute pas possible de le déterminer ainsi, mais ce qu’on sait immédiatement, c’est qu’on a affaire à quelqu’un d’engagé qui refuse toute étiquette. Saftkeur ne nous divulguera pas non plus son âge, ni son lieu de vie, mais il partage volontiers avec nous un petit bout de son étonnante imagination en communiquant en langue anglaise.

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Langues XXL, macrophilie et voraphilie

L’artiste se décrit comme "fetish" qui fait de la 3D. "J’aime les trucs qui sont à la fois mignons et un peu dégueulasses. Je passe beaucoup trop de temps sur l’ordinateur", dit-il/elle.

Dans son œuvre, l’artiste explore plusieurs fétichismes à la fois. Le fétichisme des langues arrive en première position. "Depuis l’enfance, j’ai une fascination étrange pour les langues et je n’ai aucune idée de pourquoi. Je trouve les langues et donc par extension les bouches très intéressantes", dit-il/elle.

Ce fétichisme est modérément populaire, quelques sites y sont dédiés tel que tonguefetish.net. Certaines camgirls se spécialisent et proposent des shows de langues sur la Toile. Le compte Tonguenmouthfetish sur Instagram est l’un des repères de la niche et recense des photos et vidéos de nombreuses femmes qui exhibent volontiers bave et papilles.

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Saftkeur explore aussi la macrophilie, le fantasme des femmes géantes.

"J’ai une fascination pour les grandes différences de tailles, les géants et les tout petits. En réalité, je suis personnellement plus intéressé par la microphilie. C’est excitant de se projeter dans la paume de quelqu’un ou d’explorer un monde beaucoup trop grand pour soi surtout dans un environnement qui t’a été familier avant, comme la maison. Quand j’étais enfant le film Chéri, j’ai rétréci les gosses m’a vraiment marqué et tous les dessins animés à la télévision avaient au moins un épisode où le héros rapetissait."

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L’artiste a d’ailleurs tout récemment exposé son art lors du Sizecon, la convention dédiée à ce fétichisme qui a eu lieu fin juillet à New York.

Dans la tête de Saftkeur, le petit monde de Paerotopa

La voraphilie est aussi une influence dans son travail."Ce qui m’intéresse, ce sont les gens plus grands qui avalent des plus petits." Et pour ça, Saftkeur s’est carrément créé un univers intitulé Paerotopa.

Dans Paerotopa vivent des femmes géantes aux grandes langues. Chacune d’entre elles a une personnalité distincte et un prénom. Ses femmes, Saftkeur les appellent les "Paerans". Elles sont humaines, mais pas trop et ont des langues de tailles variables. Elles mangent des petits humains car ils sont, selon elles, délicieux.

À Paerotopa, manger quelqu’un n’est pas quelque chose de mal, c’est un simple inconfort pour celui qui se fait déguster, rien de plus. "Les Paerans ne veulent faire de mal à personne, elles sont très douces, elles veulent tout simplement les manger et elles ne voient pas le paradoxe qu’il peut y avoir à ça", explique Saftkeur.

Pour elles, les humains sont à la fois leurs amis et leur nourriture. Sans doute parce que Paerotopa est un monde magique où la mort n’est pas permanente. "Quand quelqu’un meurt, il réapparaît quelques jours après comme dans un jeu vidéo donc il ne faut pas s’inquiéter quand les gens se font manger", dit l’artiste.

Inspirations et techniques

Les inspirations de Saftkeur viennent en partie du monde de la fantaisie et de la mythologie, même si l’artiste se dit aussi inspiré par tout et rien. Quand on lui demande ses références et ses artistes préférés, beaucoup de liens nous renvoient vers la plateforme d’art geek DeviantArt. Il/elle cite : John Avon, Sakimichan, Karbo, et le jeu Magic : l’assemblée.

(Références : John Avon, Sakimichan, Karbo)

Niveau technique, car il faut tout de même admettre que le réalisme des langues géantes est très bien géré, Saftkeur utilise un logiciel 3D du nom de DAZ Studio. Il s’agit d’un logiciel gratuit qui permet de créer des personnages en 3D. Mais il/elle utilise aussi Manga Studio ou Blender, sans oublier l’indispensable Photoshop.

Asexualité et fantasmes

Si le travail de Saftkeur est visuellement intéressant en tant que tel, le personnage derrière les illustrations rend l’œuvre encore plus particulière. On ne peut nier l’aspect hautement sexuel de son travail et pourtant l’artiste est paradoxalement totalement asexuel. "Je n’ai aucun désir sexuel, mais l’intimité et avoir un compagnon sont quand même des choses importantes pour moi", explique-t-il/elle.

Doit-on comprendre que l’artiste ne ressent pas d’attirance physique pour les humains de chair et d’os, et que par conséquent, il/elle a dû se créer un univers virtuel ou son imaginaire a la liberté de s’éloigner loin des limites physiques du corps humain ? Quoi qu’il en soit, on le remercie d’exploiter de façon si créative son asexualité pour le plaisir des yeux… et des curieux.

Retrouver Saftkeur sur Tumblr, Instagram. Vous pouvez soutenir financièrement l’artiste sur Patreon.

Par Dora Moutot, publié le 11/08/2017

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