Avec S.E.N.S, Arte marie BD, jeu vidéo et réalité virtuelle

Le jeu S.E.N.S, produit d'une collaboration entre Arte et Red Corner, transpose la BD métaphysique  (presque) du même nom de Marc-Antoine Mathieu dans un univers pixelisé.

Qu'il est bon de savoir qu'on peut toujours compter sur Arte pour emprunter les routes les moins fréquentées de la création numérique ! La chaîne, qui nous avait déjà laissé les yeux écarquillés avec Type : Rider, un genre de Rayman au pays du Comic Sans sorti en 2013, et le récent hommage vidéoludique enfumé à Philip K.Dick (Californium), se lance à nouveau dans le jeu vidéo. Et avec quelle ambition : adapter les vertiges métaphysiques graphiques de l'insondable Marc-Antoine Mathieu en jeu vidéo, le tout en réalité virtuelle s'il vous plaît. Nom de code : S.E.N.S VR.

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Pensé pour être joué sur Samsung Gear, Oculus Rift mais aussi sur Google Cardboard, le jeu dispo depuis le 5 octobre vous immerge dans un monde à la fois désert et labyrinthique. Vous êtes paumé, et vous cherchez du sens. Et une direction. Dans tous les sens du terme. La BD de "MAM" est comme ça, spirituelle et kafkaïenne. Dans S.E.N.S, les impasses sont aussi rhétoriques que spatiales, les métaphores se concrétisent, les carrefours se démultiplient. Où aller ? Que faire ? Quelle direction choisir ? Dans un espace où rien n'existe, l'avantage, c'est que toutes les contraintes disparaissent.

Comme l'explique Numerama, la durée de vie du jeu (30 minutes) en fait plus une expérience éphémère méditative qu'une véritable aventure. Mais elle vaut le détour, tant son gameplay est immersif  (vos mouvements sont les mouvements du héros, tout simplement) et son univers graphique particulier. Suffisamment excitant, c'est certain, pour dépenser 2,99 euros sur le site d'Oculus, ou télécharger le jeu sur mobile. En unissant Marc-Antoine Mathieu et la réalité virtuelle, Arte, avec un flair remarquable, a initié une relation qui ne demande désormais qu'à s'étoffer. Pas de doute, ces deux-là étaient faits pour se rencontrer.

Par Thibault Prévost, publié le 06/10/2016

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