Pour sauver sa vie culturelle, Londres veut aider les artistes à se loger

On dirait que la nouvelle équipe municipale à la tête de la capitale anglaise ne chôme pas. Après les transports en commun, le nouveau maire Sadiq Khan s'attaque à la sauvegarde de la scène artistique londonienne.

The former Napier Pub (Photo: Jim Linwood/Flickr)

L'ancien pub Napier à Hackney Wick (Photo: Jim Linwood/Flickr)

La gentrification fait désormais partie, au même titre que sa scène artistique bouillonnante, de la vie de Londres. Le problème, c'est que ces deux phénomènes ne peuvent cohabiter en paix. Les salaires n'ont jamais été aussi bas et les loyers n'ont jamais été aussi hauts. Cette conjoncture chasse de la capitale anglaise les musiciens, les artistes, les stylistes et les autres créatifs à bas revenus qui font l'identité de Londres.

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En cette période où de nombreux lieux et institutions ferment les uns après les autres, la ville essaye de prendre des mesures pour contrer les effets négatifs de la gentrification. Le maire Sadiq Khan tient pour l'instant sa promesse de faire en sorte que Londres reste une ville abordable pour les artistes. Avec son équipe il cherche à introduire des "zones d'entreprises créatives", qui sont un peu l'équivalent des ateliers logements de la ville de Paris : des petits ateliers comprenant un espace d'habitation. Ce dispositif devrait permettre de protéger la créativité légendaire de la capitale britannique.

"Enraciner les artistes"

Dans une interview à l'Evening Standard, Justine Simons, la nouvelle adjointe du maire à la culture a déclaré que la seule solution était de s'assurer que les artistes disposent de leurs propres ateliers. La mairie planche actuellement sur l'acquisition d'espaces inutilisés dans les quartiers créatifs, à l'Est et au Sud-Est de Londres, mais cherche aussi à en trouver de nouveau. Hackney Wick possède la plus grande concentration d'artistes de toute l'Europe, mais d'après Justine Simons, plus du tiers de ses ateliers d'artistes devraient disparaître ces cinq prochaines années au profit du projets immobiliers :

"Le temps que les artistes trouvent des bourses et des sponsors, la propriété a déjà été retirée du marché. Notre intervention vise donc à aider financièrement les créatifs à s'enraciner, à acheter des infrastructures et à créer de la propriété.

En ce moment, les artistes sont vraiment à la pointe d'un processus d'exclusion, ils réhabilitent des endroits sur lesquels personne n'aurait parié, ils les ressuscitent, et ensuite, le quartier devient attractif et les artistes sont chassés de l'endroit par le marché.

Nous voulons faire émerger des lieux dans lesquels les artistes puissent s'enraciner, voilà en quoi consisteraient ces zones d'entreprises créatives. "

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Un maire engagé pour sauver la vie culturelle

Bien que les mesures soient encore en cours d'élaboration, Sadiq Khan et Justine Simons espèrent créer des espaces de vie et de travail subventionnés pour les artistes, qui gagnent en moyenne 11 000 euros par an, soit bien en-deçà de la moyenne nécessaire pour survivre dans cette ville. Ils ont déclaré vouloir se pencher également sur des mesures destinées aux artistes plus établis, afin de les aider dans l'acquisition de leurs ateliers, notamment en ce qui concerne les prêts immobiliers.

Bien que Sadiq Khan ne soit maire que depuis quelques mois, il semble tenir ses promesses. Il a lancé le métro de nuit, créé un nouveau billet qui permet d'effectuer des correspondances entre différents bus, et il a fait élire un Tsar de la nuit pour sauver la nightlife en danger de Londres. On attend encore les mesures concrètes pour les ateliers logements, mais on a presque envie d'y croire.

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Par Olivia Cassano, publié le 15/09/2016

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