Richard Phillips : American Beauty Style

Il parait que certains ne connaissent pas le New Yorkais Richard Phillips. Dans la lignée du Pop Art, ses peintures hyperréalistes excellent pourtant en provocation. Let's see !

Richard Phillips : American Beauty Style

Scout, 1999

Publicité

Ce tableau s'appelle scout. Une immense paire de lunettes rouges exacerbe plus qu'elle ne camoufle les traits de ce visage encore adolescent. Quant à ses seins fraîchement naissants, ils soulignent le tracé d'un bronzage parfait. L'innocence bercée au biberon de l'érotisme, la pureté dépucelée par l'insolence artistique : Richard Phillips est un maître en son domaine.

Le miroir Phillips

L'hyperréalisme de cette oeuvre de Richard Phillips tâcle d'un sourire en coin la perfection photographique quand elle ne la dépasse pas. Alors que Photoshop s'emploie à rendre encore plus beau le beau et encore plus réel le réel, Richard Phillips interroge la perfection en la poussant à son maximum. Il descend ainsi de son piédestal une société soumise au règne d'une beauté lisse et des icônes sur papier glacé.

D'ailleurs, il le reconnait lui-même :

Publicité

Mes peintures impliquent une sorte de beauté perdue - cela a toujours été le fil de mon travail.

La frontière est donc mince entre le plaisir du spectateur et le malaise. Mais la base du travail de Richard Phillips, on la connaît tous ; c'est celle qui nous poursuit dans les magazines, le web et jusque dans le porno soft distillé dans le paysage publicitaire.

Phillips retourne l'imagerie collective en la prenant au mot : un gloss repulpant sur les traits de nos canons esthétiques. Le résultat ? On le prend en pleine face comme les tétons de la fille du tableau de scout.

Publicité

Origin of the Milky Way, 1998

Girl Child, 1996-97

Publicité

Spectrum

Blauvelt, 2013

La société de l'image et de la consommation sous le prisme d'un érotisme galvaudé, l'art de Richard Phillips ressemble à ce qu'on voit tous les jours... sans la surveillance CSA !

crédits photo : Richard Phillips

Par Afifia B, publié le 02/05/2013

Copié

Pour vous :