Le pass sanitaire provoque la chute du box-office : les distributeurs appellent à l’aide

Publié le  

par Samuel Delwasse

Les nouvelles restrictions sanitaires ont eu de lourdes conséquences sur l’activité économique de l’industrie du cinéma.

Mercredi dernier, la fréquentation des salles de cinéma sur l’ensemble du pays s’est élevée à 270 000 entrées, marquant ainsi une chute de 71 % par rapport aux entrées réalisées la semaine précédente. Outre le fait que le mercredi 14 était férié et qu’une baisse des entrées était prévisible, ce score symbolise une forte retombée par rapport à l’équilibre qui s’était établi et une dynamique qui semblait repartir depuis la fin du mois de juin.

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Des mesures précipitées

Ce coup d’arrêt est la conséquence directe de l’extension du pass sanitaire aux milieux culturels, dont le Conseil d’État a récemment refusé la suspension. La Fédération Nationale des Cinémas Français (FNCF) pointe du doigt le fait que "l’extension du pass sanitaire au seul secteur de la culture ait été mise en œuvre de façon prématurée sans aucune préparation ni anticipation". Des mesures, comme le contrôle d’identité, face auxquelles les cinémas n’ont pas pu se préparer correctement et qui ont provoqué une chute du nombre de réservations.

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Si le film Kaamelott tient la première place du box-office, la deuxième semaine est terrible pour certaines productions, notamment pour Fast & Furious 9, qui enregistre une chute de 92 % par rapport aux entrées de la première semaine. La Fédération Nationale des Éditeurs de Films (FNEF) parle d’une "catastrophe industrielle pour les éditeurs-distributeurs de films qui avaient fait le pari de relancer le marché cinématographique en plein été, au bénéfice de toute la filière". Un "coup de grâce pour une profession qui avait déjà été très durement éprouvée, et qui se sent aujourd’hui sacrifiée".

L’État appelé à la rescousse par les membres de l’industrie

Éditeurs, distributeurs, exploitants : face à cette crise dans laquelle l’industrie du cinéma semble replonger, un soutien de l’État semble nécessaire à la survie du secteur : "Sans les investissements des distributeurs, la production de films est condamnée et l’exploitation en salles ne peut survivre. Sans équilibre économique et financier, les films seront massivement déprogrammés des salles au bénéfice des plateformes numériques, signant ainsi la fin de notre modèle culturel."

L’État est ainsi appelé à rouvrir des fonds de solidarité et le dispositif d’activité partielle pour compenser la chute massive des recettes. Les distributeurs demandent également le financement des moyens nécessaires pour faire respecter les mesures de sécurité imposées, et anticiper les échecs commerciaux des films programmés, qui seront plus que limités dans leur exploitation. "Le pays de l’exception culturelle se doit de sauvegarder les œuvres, les entreprises et les talents qui constituent sa force vive. C’est une question de survie pour toute une filière", alerte le FNEF.

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