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Twitter, Instagram : la Corée du Nord s'ouvre à Internet

La Corée du Nord vient de franchir une nouvelle étape : elle autorise aujourd'hui aux étrangers d'utiliser les téléphones portables et de partager des données. Une première dans l'ouverture au web d'une des nations les plus isolées au monde.

Kim Jong-un, le dirigeant actuel de la Corée du Nord

La Corée du Nord n'a jamais été très ouverte à la question des images, des réseaux sociaux et de la liberté en général. Pour autant, elle vient d'autoriser aux ressortissants étrangers, la plupart journalistes, de partager des données sur Internet en passant par son réseau mobile. Du coup, les services que sont Twitter, Instagram, Skype ainsi que les outils fournis par les iPad, iPhone et autres Samsung pourront fonctionner.

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Jean Leen, une journaliste de Associated Press, l'une des plus importantes agences de presse au monde, n'a pas hésite à écrire un tweet le 22 février dernier :

Capture d'écran Twitter

Et à travers sa première image Instagram, elle s'est étonnée de retrouver un plat originaire du sud de l'Amérique être proposé dans la ville de Pyongyang, la capitale de la Corée du Nord :

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Capture d'écran Instagram

Google : déclencheur de cette tendance 3.0 ?

Jusque-là, les journalistes étrangers et autres visiteurs n'avaient pas accès au réseau 3G : ils pouvaient seulement se connecter via des réseaux WiFi. C'est de cette manière que le photographe Associated Press David Guttenfelder se débrouillait pour partager ses images via Instagram. Dans une première étape de relachement, les autorités nord-coréennes avaient tout d'abord accepté que les étrangers apportent leurs téléphones. Des cartes SIM leur étaient fournies et l'on pouvait passer des appels.

Capture d'écran Instagram

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Cette révolution a été permise grâce à un réseau mobile 3G, résultat d'une alliance entre le nord-coréen Koryolink et l'Égyptien Orascom. L'ouverture fait suite à la visite d'Eric Schmidt, ancien directeur de Google et actuel Président du conseil d'administration de la firme américaine, en Corée du Nord le 7 janvier 2012.

Il avait alors déclaré, à son retour :

Il serait très facile pour la Corée du Nord de s'ouvrir à Internet par l'intermédiaire d'un réseau 3G. Selon les estimations, il y aurait 500 000 téléphones [en Corée du Nord] et ce chiffre devrait augmenter dans le futur.

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Il avait aussi indiqué le 20 janvier dernier que la « la décision [de la Corée du Nord] de demeurer virtuellement isolée ne peut qu'affecter leur univers et leur croissance économique ». 

Une population toujours déconnectée du monde

Pour autant, il ne faut pas se réjouir trop vite : une infime partie des nord-coréens possède un téléphone et un accès au World Wide Web. Ils pourront bientôt utiliser des services SMS, MMS et des appels vidéos, mais pas Internet dans sa globalité.

Capture d'écran Instagram

Comme le souligne The Washington Post, la fermeture du régime aux nouvelles technologies l'a mise au banc des nations. Et ce n'est que de leur meilleur ennemi, les États-Unis, qu'est venu la première lumière d'un pays dont les reliefs nous sont presque inconnus.

Google a ainsi révélé des cartes détaillées Google Maps de la Corée du Nord. Désormais, on peut contempler les principales villes du pays, accompagnées des noms de ses villess, de ses routes et de ses... goulags :

 

En somme, cette évolution illustre les contours d'un pays qui permet aux ressortissants étrangers d'utiliser des moyens de communication modernes mais qui vit encore au Moyen-Age. Des purges au sein des élites sont actuellement à l'oeuvre en Corée du Nord. Résultat : les camps continuent de s'agrandir.

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Par Louis Lepron, publié le 26/02/2013

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