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Trappes : des policiers débordent sur Facebook

Publié le

par Théo Chapuis

À Trappes, la nuit de dimanche à lundi a été bien plus calme que la veille. (Crédits : AFP/Miguel Medina)

Le site d'observation Copwatch a relevé l'identité de six policiers auteurs de commentaires haineux en marge des évènements de Trappes sur Facebook.

À Trappes, la nuit de dimanche à lundi a été bien plus calme que la veille. (Crédits : AFP/Miguel Medina)

Les récents évènements de Trappes ont mis face-à-face des civils et des policiers dans un triste affrontement. Tout commence avec l'interpellation d'une femme au voile intégral en fin de semaine dernière, vite relâchée. Son mari s'était alors interposé, agressant même les forces de l'ordre, selon le procureur de République de Versailles, Vincent Lesclous. La suite a pris l'ampleur qu'on connaît : émeutes et violences.

Il semble que les policiers aient occupé un autre terrain que celui des alentours du commissariat de la ville de 30.000 habitants. Le site internet Copwatch se targue de cibler et d'informer des violences policières. Aussi il a relevé des propos un peu limites sur la page Facebook Forum Police-info.com - celle-ci est un rendez-vous bien connu de nombreux agents de police sur le réseau social, relayés sur le site d'info Rue89. Copwatch est formel : les commentaires d'appel à la haine que vous lirez ci-dessous ont bien été rédigés par des gardiens de la paix.

Capture d'écran Rue 89.

"La chasse est ouverte, il est temps de faire un bon nettoyage."

"Merde, il aura plus qu’un œil pour pleurer." (référence à un adolescent de 14 ans grièvement blessé à l'oeil lors des affrontements, ndr).

Capture d'écran Rue 89.

"J’ai pris du plaisirs hier soir. Sur 300 mecs contre 30 policiers, ça a même pas les couilles de venir au corps à corps."

"J’ai passé la nuit à Trappes hier avec les collègues...Pauvre France, vive le bleu Marine ! !"

"Guerre sainte"

Pour Copwatch, cela ne fait aucun doute : "Ces propos ne sont pas ceux de militants d'extrême-droite, mais bien ceux de fonctionnaires de police". Pour preuve, l'observatoire des dérives policières a identifié et remonté la trace des auteurs de ces commentaires nauséabonds. Il est formel, leurs auteurs sont eux-mêmes des policiers. Le site en donne sa propre interprétation : "Très clairement, on a à faire à des policiers blancs menant une guerre sainte "franco-chrétienne" contre une communauté: les musulmans (cause pour eux, de tous les maux de ce pays)".

En 2010, une note interne de la Police Nationale mettait en garde ses employés sur la "sensibilisation à la question des réseaux sociaux". En voici la substance :

Dans le cadre de sa mission de protection des intérêts nationaux économiques et de souveraineté, la DCRI constate une présence accrue de fonctionnaires et contractuels de la Police nationale sur la plupart des réseaux sociaux. Ces nouveaux modes de communication (...) présentent de grandes facilités d’utilisation, mais recèlent aussi des dangers.

Il semble qu'un rappel à l'ordre soit le bienvenu.

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