Le tweet qui valait 136,5 milliards de dollars

Impossible d'accéder au compte Twitter de The Associated Press en ce mercredi 23 avril. Le compte de l'agence américaine a en effet été suspendu, et fait plonger Wall Street. En cause ? Un tweet et l'Armée Syrienne électronique, un groupe de hackers pro Bachar el-Assad.

Capture d'écran Twitter

Mardi 23 avril, 13h07 heure de New York, 19h07 heure de Paris. Le compte Twitter de The Associated Press, l’AFP américaine, poste un tweet : "Urgent : Deux explosions à la Maison Blanche, Obama est blessé".  La nouvelle provoque la stupéfaction dans les quartiers de la presse au sein de la Maison Blanche, situés à quelques dizaines de mètre du bureau du président américain.

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Car voyez-vous, aucune explosion n'a été entendue, et Obama est safe. Mais en l'espace de quelques minutes, cet étrange tweet a eu un impact considérable. Retweeté des centaines de fois en une poignée de secondes (l'agence AP possède près de 2 millions de followers sur Twitter), il a brutalement fait plonger le Dow Jones de plus de 130 points, ce qui aurait entraîné la perte de 136,5 milliards de dollars.

Il s'avère que le tweet en question n'était autre qu'un fake. À 19h10, The Associated Press dément l'information et précise sur le réseau social que le tweet ne présentait pas du tout la syntaxe habituelle de l’agence de presse. Argument consolidé par l'analyse des membres de l'AP et plusieurs twittos.

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Hacké par l'Armée Syrienne électronique

En réalité, le compte @AP a été piraté par l’Armée Syrienne électronique (SEA), fervent soutien de Bachar el-Assad. C’est elle-même qui l’a revendiqué quelques minutes plus tard… sur Twitter.

Cette organisation de hackers pro-el-Assad n'en est pas vraiment à son coup d'essai. Elle a déjà à son actif le détournement des comptes de la National Public Radio américaine, de la BBC, de CBS, de l'Agence France-Presse, de Reuters News ou encore de la chaîne d'information France 24. Et désormais de The Associated Press. Sur son site, on peut d'ailleurs apercevoir quelques-uns de ses exploits (désolée pour la non-traduction, personne ne parle arabe à la rédaction).

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Capture d'écran du site de la SEA

Selon Le Figaro, l'agence AP aurait précisé que cette attaque avait eu lieu après des tentatives répétées de "phishing" sur son réseau informatique, qui consiste à pousser ses journalistes à communiquer leurs mots de passe. D'où la suspension du compte Twitter jusqu'à maintenant, en attendant qu'il soit sûr. L'agence enquêterait actuellement avec Twitter sur cette affaire, et le FBI et la Commission américaine des opérations boursières (Securities and Exchange Commission, SEC) auraient également ouvert une investigation, après que le faux tweet ait entraîné 136,5 milliards de dollars de pertes.

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Sources : Le FigaroLe MondeLe Journal du Geek

Par Naomi Clément, publié le 24/04/2013

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