L'une des pires cyberattaques est en cours sur la Toile

Mercredi, des experts en sécurité informatique ont annoncé que l'une des plus grandes "cyberattaques" de l'histoire était en cours sur la Toile, à l'encontre du site Spamhaus. Ce qui explique le ralentissement du traffic sur le Web ces derniers jours. 

Spamhaus

Les racines de ce qui semble être la plus puissante attaque de pirates contre un site Internet remontent à une semaine. Deux protagonistes : d'un côté l'organisme non lucratif et non gouvernemental Spamhaus, de l'autre le site Internet Cyberbunker.

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Trop plein d'informations pour Spamhaus

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Le premier est une institution dont l'activité principale est d'éditer des "listes noires" de sites dangereux et de transmettre aux fournisseurs d'accès internet un pool réactualisé d'adresses email "spams". Le second est un hébergeur néerlandais dont certains contenus laissent à désirer. Leur politique : tout héberger (selon leur site), à part la pornographie infantile et le terrorisme.

Et la semaine dernière, Spamhaus a eu le malheur de placer Cyberbunker sur sa liste noire. S'en est suivie (sans lien de causalité autre que temporel entre les deux évènements) la plus grande attaque de l'histoire de l'Internet à l'encontre de l'organisation basée à Genève et à Paris (l'attaque aurait commencé le 19 mars).

Et si votre modem semblait faire défaut au cours des derniers jours, plus besoin de le réinitialiser. La cause du ralentissement du réseau mondial trouve ici son explication. Matthew Prince, de la société de sécurité informatique Cloudfare, commente :

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Nous avons vu des encombrements, principalement en Europe où la plupart des attaques étaient concentrées, qui ont touché des millions de personnes, même s'ils ne surfaient pas sur des sites en rapport avec Spamhaus.

Modus Operandi ? Des pirates, dont on soupçonne qu'ils soutiennent Cyberbunker, ont entrepris de surcharger les serveurs de Spamhaus. On parle de 300 gigabytes par seconde soit près de huit fois plus que la norme lors des attaques recensées jusque-là. Peinant à se défendre face à ces coups de boutoirs, l'organisme a demandé assistance à CloudFare, spécialiste de la sécurité sur Internet. Et le plus dur semble être passé.

Bataille de mots

Outre les faits, les commentaires des deux partis sont à analyser. La bataille est tant sur le terrain de la Toile que sur celui-ci de la communication. Et les premiers à dégainer ont été les pirates. Sven Olhas Kamphuis d'abord, qui se présente comme le porte-parole des pirates, s'est épanché dans les médias pour donner une version de l'histoire bien différente de ce qui a été communément diffusé.

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Selon lui, Spamhaus "abuse de son influence", ce qui justifie ce rappel à l'ordre un peu musclé :

Nous sommes conscients qu'il s'agit de la plus grande attaque qu'Internet a connu (...). Personne n'a jamais donné mandat à Spamhaus pour déterminer ce qui va ou ne va pas sur l'Internet. Il se sont construits cette position en faisant croire à tout le monde qu'ils combattaient les spams.

Pour la chaine de télévision russe RT, il est allé plus loin :

Spamhaus a emmerdé des tas de gens ces dernières années en faisant du chantage aux fournisseurs d'accès à internet et aux opérateurs pour qu'ils déconnectent des clients sans la moindre décision de justice ou sans le moindre processus juridique. En ce moment nous ne menons aucune attaque... ce sont maintenant d'autres personnes qui les attaquent.

De leur côté, les "légitimistes" de l'Internet dégainent également leurs plus belles phrases. Et des chiffres. Pour Matthew Prince, patron de CloudFare, Spamhaus serait à la base de 80% du filtrage des spams. Cette attaque est comparée à une bombe nucléaire numérique par l'intéressé ce qui fait doucement rire certains.

Patrick Gilmore de Akamai, un fournisseur de contenus digitaux, conclut à propos de Cyberbunker :

Ces mecs sont juste fous. Et il viennent de se faire attraper. Ils pensent qu'ils devraient être autorisés de spammer.

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Source : RTBF

Par Tomas Statius, publié le 28/03/2013

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