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Les soldats s'attachent aux robots

Publié le

par Théo Chapuis

Talon MTRS, un robot utilisé par l’US Navy en Irak. (Crédits : QinetiQ North America)

Une étude conduite par une universitaire américaine explique que les soldats qui conduisent des robots militaires risquent de prendre de mauvaises décisions.

Talon MTRS, un robot utilisé par l'US Navy en Irak. (Crédits : QinetiQ North America)

Tout le monde aime les robots. Même les soldats. Une thèse de la docteur en psychologie de l'éducation Julie Carpenter de l'Université de Washington tend à le prouver. Mais ce qu'elle met surtout en évidence, c'est qu'un soldat qui s'attache à son robot militaire peut prendre de mauvaises décisions tactiques à cause des sentiments qui le lient à sa machine.

La question de base de son travail est la suivante : y'a-t-il un attachement émotionnel entre un soldat américain et son Explosive Ordinance Disposal (EOD) ? Un EOD, un type de robot piloté à distance, est destiné à la recherche de mines antipersonnel. Si une relation s'opère entre le soldat et la machine, elle est de nature à influencer les décisions faites par le pilote.

Comme un animal de compagnie

23 soldats interrogés répondent clairement à Julie Carpenter : non, l'attachement qu'ils possèdent pour leurs robots n'influence pas leur performance. Pourtant, dans leurs réponses, ils reconnaissent implicitement qu'ils ressentent de la colère, de la frustration voire de la tristesse lorsque leur machine en vient à tomber au front. Une piste pour l'universitaire : ces sentiments, n'entacheraient-ils pas les performances des soldats ?

[Les soldats répondent que] le robot est un outil. Mais dans le même temps, leurs réponses indiquaient parfois qu'ils interagissent avec les robots de la même manière similaire qu'avec un être humain ou un animal de compagnie.

À l'issue de sa thèse, Julie Carpenter en arrive à la logique conclusion que les soldats semblent bien émus par la peur de perdre leur robot au combat. Selon elle, cette crainte pourrait être atténuée si les robots avaient moins de personnalité et s'ils étaient considérés uniquement comme des outils. La docteur en psychologie de l'éducation de conclure :

Vous ne voulez pas que quelqu'un hésite en utilisant l'un de ces robots militaires parce qu'il a de l'empathie à l'encontre de celui-ci qui va plus loin que lors de l'usage d'un outil. Si vous vous sentez attaché émotionnellement à quelque chose, cela affectera sans doute vos décisions.

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Source : IEEE Spectrum

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