Free on a tout compris ... ou pas !

[Edit : Selon BFM Business, Free aurait renoncé à sa nouvelle application de blocage publicitaire. Elle serait retirée lundi au plus tard de la mise à jour Freebox Révolution. Une information qui confirme les rumeurs mais prudence toutefois : Free n'a encore fait  aucune communication officielle depuis le début de la polémique]

C'est pas parce qu'on s'appelle Free qu'on est vraiment "free"...

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Ce qui est bien avec Free c'est que même quand on a rien compris, on bénéficie de ses effets de surprises. Youtube qui bugge ? Surprise c'est Free ! Le forfait mobile qui buggue ? Surprise, c'est encore Free ! Et pourquoi s'arrêter en si bon chemin quand on peut aller plus loin et supprimer les publicités par défaut sur son bon vouloir ?

C'est exactement ce que vient de faire Free. Si certains n'y voient qu'un avantage, d'autres s'insurgent et pour cause : le Adblock s'est transformé en Adgate aux allures de bombe atomique. Vous n'avez rien compris ? C'est normal, on vous explique !

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En 2013 on s'avance un peu plus dans le futur mais comme l'avenir se gère de plus en plus dans ce qu'on appelle "l'immatériel" (le virtuel, le non-physique), il faut bien s'y mettre un jour. Si donc votre plus grande connaissance en informatique se limite à l'insertion du "petit bitogno" de la clé USB dans le trou rectangulaire, ce papier peut vous intéresser.

Depuis hier Twitter s'affole pour ne pas dire le web tout en entier. Le sujet du jour c'est Free et sa nouvelle fonctionnalité qui bloque les publicités. Les réseaux ont donné un nom à l'objet de cet affolement: Le AdGate. Alors on peut lire mille papiers de spécialistes geek pour essayer de comprendre ou on opte pour la méthode pédagogique basique : apprends des mots en découvrant l'Histoire. Page 21, ouvrez votre manuel !

#AdGate : Free, la série

Il faut savoir que sur le web, on suit l'actualité comme on suit un feuilleton. On veut de la réactivité, un suivi et comme dans toute histoire, du bon drama. C'est ce qui confère aux sujets abordés une dimension "choc", "buzz". Et cela demande un vocabulaire adéquat. Pas d'effet d'annonce sans blabla. Ainsi, on ne parlera pas dans l'affaire Free de "blocage de publicité" mais de #AdGate parce que c'est plus court, plus efficace. Plus classe aussi.

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Il faut aussi préciser que Free n'est pas novice en matière de buzz bon ou mauvais. L'année 2012 a marqué le début d'une longue série de couacs : non fiabilité du service mobile, les querelles avec ses concurrents, les attaques contre Youtube. Une longue liste auréolée depuis hier d'un nouvel épisode :  #AdGate, un swag-word pour désigner le blocage de publicité par le FAI.

#FAI trap: la manoeuvre du fournisseur

Cela fait quelques temps que vous apercevez ci et là le terme FAI sans faire l'effort de chercher sa définition ? Là aussi rassurez-vous, cela signifie tout simplement  : Fournisseur d'Accès Internet. Le FAI Free a intégré dans la mise à jour de sa Freebox Révolution le blocage par défaut des publicités. Une manoeuvre d'autant plus pernicieuse qu'elle est systématique et peu considérante à l'égard de ses concurrents et autres professionnels du web qui y voient là une prise de liberté plus qu'exagérée. Un "pétage de câble" littéral.

Le #Adblock, concrètement, cela implique quoi ?

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En intégrant le Adblock qui filtre les publicités sans en préciser les critères de filtration, Free a provoqué une ire. Mais qu'en est-il pour l'internaute lambda : peu de chose hormis que la publicité est supprimée de certains des sites qu'ils écume.  En revanche, les sites qui reposent uniquement sur la publicité seront plus que sanctionnés. Les régies publicitaires sont en effet les premières victimes de ce qu'elles considèrent comme étant une bombe atomique lâchée sur leurs activités. Les blogueurs qui vivent exclusivement de leurs revenus publicitaires ne sont pas en reste non plus . Ils s'inquiètent d'autant plus que pendant quelques heures de la journée du 3 janvier 2013, même Google Analytics était bloqué les privant de leur mesure d'audience sur Free. Ce matin, tout semblait revenu à la normale pour Google Analytics mais on ne peut pas vraiment dire que la confiance règne.

La guerre Free - Google :round 3241

image extraite de : http://www.macg.co/news/voir/257547/google-et-free-une-bataille-a-coups-de-tuyaux

Ceux qui sont chez Free le savent : aller sur Youtube en fin de journée est une épreuve pour les nerfs. Les ralentissements incessants vont bon train. Un souci d'interconnexion dû à un désaccord financier entre Google et Free qui perdure et dont les abonnés pâtissent. En bloquant par défaut les publicités, difficile de ne pas y voir non plus une attaque directe envers Google contre lequel le FAI semble parti en guerre.

Le patron de Free Xavier Niel, l'avait dit lui-même :

Les tuyaux entre Google et nous sont pleins à certaines heures, et chacun se repousse la responsabilité de rajouter des tuyaux.

Tout ça pour une histoire de tuyau ? Reste que cet AdGate a des allures de provocation de la part de Free envers le géant du net et jusqu'à aujourd'hui c'était du jamais vu. Un couac virtuel qui appelle des solutions urgentes. Une rencontre à laquelle sont conviés les éditeurs et Free est en cours d'organisation par la ministre déléguée à l'Economie numérique qui espère trouver une issue à ce débat. Elle a même laissé un message sur Twitter très intéressant :

Toujours dans la continuité de "apprends des mots en découvrant l'Histoire" la solution  " no opt out" évoquée par la ministre est en fait l'inversion de l'application de Free. Elle propose que l'option "publicité" soit ouverte par défaut mais que l'option "blocage de publicité" puisse être laissée au choix .

Cela peut être une solution sauf que le SPIIL (Syndicat de la presse indépendante d'information en ligne) vient de poster un communiqué qui demande à Free de renoncer à cette application au nom de la neutralité du net :

Le SPIIL rappelle qu'aucun FAI n'a le droit de décider à la place des citoyens ce à quoi ils ont ou non accès sur Internet [...] Free s'attaque donc à un principe démocratique essentiel et impose le pouvoir sans partage de ses propres logiques d'entreprise. [...] C'est pourquoi le SPIIL demande à Free de revenir sur sa décision et de laisser le libre choix à l'internaute sur ses conditions de navigation sur Internet.

Moralité : c'est pas parce que c'est Free que c'est la fête !

#affaire-à-suivre

 

Par Afifia B, publié le 04/01/2013

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