À l'O.N.U., c'est toujours l'heure de l'Happy Hour

L'ambassadeur Joseph Torsella tire la sonnette d'alarme : les membres de l'ONU sont trop alcoolisés pendant les réunions de travail. La paix est parfois trop difficile à digérer...

Publicité

La Reine d'Angleterre a la gastro et les membres de l'ONU ne parviennent à maintenir la paix que bourrés. L'heure serait-elle à la désacralisation des hautes sphères du pouvoir ? Car c'est la question de l'alcool à l'ONU qui est posée sur la table... en même temps que les verres et bouteilles que l'ambassadeur américain Joseph Torsella trouve trop présents à son goût dans l'hémicycle.

Le 4 mars dernier, lors d'une assemblée générale du comité du budget des Nations Unies, le même ambassadeur a donc suggéré de retirer de la table des négociations toutes boissons alcoolisées.

Unis par l'Happy Hour

Publicité

Une signature est plus facilement apposée lorsque la main de celui qui paraphe n'est jamais loin d'un bon verre de vin. On le sait, l'alcool et les négociations vont souvent de pair et c'est loin d'être un mythe. Pas plus tard que la semaine dernière, le Spécial Investigation "Sexe, Business et politique" diffusé sur Canal + soulignait le poids de l'alcool et autres divertissements lors de certaines négociations.

C'est visiblement le cas aussi à l'ONU où les réunions un peu trop arrosées ont poussé Joseph Torsella à proposer l'interdiction de l'alcool dans la salle des réunions. A la tribune de l'assemblée générale qui s'est tenue à New York, l'ambassadeur a déclaré :

Nous proposons modestement que la salle des négociations soit déclarée zone sans état d’ébriété. [...] Gardons le champagne pour célébrer la fin réussie de la session et donner un peu de crédit à la réputation de la cinquième commission en cours

Publicité

Ca balance à l'O.N.U.

L'ambassadeur évoque tout de même des états d'ébriété pouvant mettre en péril la réputation des Nations Unies, ce n'est pas rien. Tout comme il n'est pas chose aisée de dénoncer les excès alcoolisés de ses collègues, on aurait pu s'attendre à ce que des membres de l'ONU démentent ou relativisent les propos de Torsella. Sauf qu'il n'en est rien puisque depuis, les déclarations de la plupart des membres abondent dans son sens, nous laissant même imaginer les situations les plus absurdes.

Entre un diplomate qui boit jusqu'au vomissement en public à un autre, tellement éméché qu'il ne parvient plus à prendre ses notes, ça balance à l'ONU.

Une vieille et sainte tradition à l’ONU veut qu’un peu d’alcool fluidifie les négociations. Mais nous ne parlons pas aujourd’hui d’un diplomate sirotant un verre au bar rapporte un des témoins.

Publicité

Un autre d'ajouter:

Une fois, le rapporteur était tellement alcoolisé qu’il a dû être remplacé

Blague ? Que nenni et il ne s'agit là que d'exemples embryonnaires. Si donc la proposition de Joseph Torsella est acceptée, les boissons alcoolisées ne seront autorisées que dans "les zones d'alcool" à savoir les bars et les zones réservées à l'extérieur des salles de réunion. Si cela ne garantit pas la sobriété absolue des membres de l'ONU c'est, au regard des témoignages abracadabrantesques, une mesure d'autant plus raisonnable qu'elle semble pourtant évidente.

Non parce que si nous devions résumer cette histoire en une phrase :

Cette proposition vise tout simplement à noter dans le règlement que la paix internationale ne peut se maintenir que si ses acteurs ne sont pas bourrés. En réalité, c'est bien de cela qu'il s'agit ?

Source : The Atlantic Wire

Par Afifia B, publié le 11/03/2013

Copié

Pour vous :