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La Nouvelle-Zélande a désormais le droit d'espionner ses internautes

Publié le

par Théo Chapuis

John Key, Premier Ministre néo-zélandais, a mené une rude campagne pour que cette loi d’espionnage informatique puisse être votée. (Crédits : Africanaute)

La Nouvelle-Zélande vient d'adopter une loi légalisant l'espionnage par ses services des renseignements des internautes du pays. Ce n'est pas comme si le pays s'en était privé auparavant.

John Key, Premier Ministre néo-zélandais, a mené une rude campagne pour que cette loi d'espionnage informatique puisse être votée (Crédits : Africanaute)

Pas de doute, il est désormais bien difficile d'assurer son intimité sur Internet. Une nouvelle preuve de l'omniprésence de la fin de la vie privée en ligne nous arrive du bout du monde : le 20 août, la Nouvelle-Zélande a fait passer une loi l'autorisant à espionner ses citoyens et tout résident du pays. Les services de renseignement néo-zélandais, le Government Communications Security Bureau (GCSB), a vu passer une loi qui lui permettra d'éplucher les données en ligne des habitants de l'île. Elle a été adoptée à 61 voix contre 59 à l'assemblée.

Selon le Premier ministre, John Key, qui s'est exprimé devant le parlement : "il ne s'agit pas, et ne s'agira jamais, d'espionnage total à l'encontre des Néo-zélandais". Selon lui, au contraire : "Il y a des menaces dont notre gouvernement doit protéger les Néo-zélandais. Ces menaces sont réelles et nous les sous-estimons à notre péril".

Une loi pour étouffer un scandale

John Key a beau défendre la loi, ce n'est pas comme si l'espionnage en ligne ne se produisait pas déjà. Le GCSB a déjà utilisé des données récupérées grâce au programme PRISM pour planifier la spectaculaire arrestation de Kim Dotcom ainsi que le démantèlement de Megaupload. Le GCSB, organe de renseignement néo-zélandais, a donc bien été épaulé par la NSA, agence américaine.

Mais ce n'est pas tout : le journal Times Live révèle que le cas Kim Dotcom était tout sauf un cas isolé. Selon cette publication locale, "des douzaines" d'autres personnes étaient d'ores et déjà espionnés informatiquement, bien avant le vote de cette loi légalisant l'espionnage en ligne grâce au programme PRISM.

Kim Dotcom, justement, est l'un des plus farouches opposants à cette loi. "Ce sera la naissance d'un état de surveillance policière en Nouvelle Zélande", a-t-il déclaré dans une manifestation avant que la loi ne soit votée. Après son adoption par l'assemblée, voilà ce qu'il a tweeté :

La loi du #GCSB vient d'être votée au Parlement, contre le souhait de la majorité des Kiwis. RIP vie privée. Remboursement aux élections 2014. 

(Capture d'écran du compte Twitter de Kim Dotcom)

"La menace que nous encourons"

Évidemment, Dotcom n'est pas l'unique opposant à cette loi. De nombreuses associations s'inquiètent de son contenu. Le Premier Ministre s'en défend en parlant de "désinformation" et de "conspiration" pour désigner le langage de ses opposants. "Que certains citoyens soient agités et alarmés, je le regrette. Mais mon regret n'est rien comparé à la menace que nous encourons si cette loi ne passait pas et que les Néo-zélandais étaient attaqués à cause du vide qu'il existe actuellement dans notre système de sécurité", avait-t-il déclaré avant que la loi ne soit votée.

Les critiques de cette loi avaient fustigé l'action du gouvernement lorsqu'une journaliste qui travaillait sur l'espionnage supposé de GCSB a vu une enquête la cibler à son tour, s'emparant des données de ses e-mails, de son téléphone et suivant ses mouvements.

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