Les drones de surveillance, déjà utilisés par la police britannique, soulèvent le débat quant à leur utilisation parmi les autorités de différents pays européens (Crédits : Liberty News)

Marseille : des drones contre le crime

Le président de la communauté urbaine de Marseille, puis Jean-Noël Guérini, conseiller général des Bouches-du-Rhône, préconisent tous deux l'usage de drones de sécurité en guise de moyen supplémentaire pour lutter contre le crime à Marseille.

Les drones de surveillance, déjà utilisés par la police britannique, soulèvent le débat quant à leur utilisation parmi les autorités de différents pays européens (Crédits : Liberty News)

Les piloter avec des Google Glasses, observer une métropole telle New York avec une GoPro fixée sur la carlingue, livrer des pizzas avec... les drones fascinent et donnent des idées différentes à chacun. Malheureusement, il s'agit parfois de les utiliser dans leur dimension sécuritaire. C'est ce qu'envisage sérieusement la ville de Marseille afin de lutter contre l'insécurité.

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Je demande à l'Etat de faire de Marseille un véritable laboratoire contre le crime, un laboratoire avec de nouveaux moyens technologiques. Maintenant, on a des drones, et on va s'en servir

Cette déclaration, c'est le président de la communauté urbaine de Marseille Eugène Caselli qui l'a formulée la semaine dernière sur France 3. Le candidat à la primaire socialiste pour l'élection municipale de 2014 justifie l'utilisation de tels moyens pour faire pencher la lutte contre l'insécurité dans la cité phocéenne du bon côté de la balance.

1 million d'euros pour les drones ?

Le conseiller général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guerini, a déclaré dans une interview à La Provence que la situation était si grave qu'il était prêt à financer ce projet à hauteur de 1 million d'euros : "Nous réfléchissons à la mise en place de moyens aériens de surveillance, avions ou drones", a-t-il confirmé.

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Marseille est équipée de 300 caméras et devrait en compter 1000 fin 2014. Ce procédé de chevaliers du ciel viendrait alors compléter ce dispositif ultra-sécuritaire avec des drones de surveillance. Un fabriquant de drones militaires pour l'armée française, Pascal Zunino, expliquait à Europe 1 l'utilité d'un tel dispositif. Selon lui, "au lieu d'une caméra fixe qui est toujours sur la même zone, le drone n'est jamais au même endroit. C'est cela qui permet de casser les habitudes et d'avoir des points de vues différents d'une situation, de jour comme de nuit".

"un drone peut porter atteinte à la vie privée"

Mais la loi l'autorise-t-elle ? Pas encore, justement. Aussi, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) a publié un rapport le 30 octobre 2012 mettant en exergue les dangers des drones :

Dès lors qu'il est équipé d'un appareil photo, d'une caméra mobile, d'un capteur sonore ou encore d'un dispositif de géolocalisation, un drone peut donc potentiellement porter atteinte à la vie privée, capter et diffuser des données personnelles.

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Aussi, la commission préconisait son usage à un cadre civil, tel des "projets de recherche et développement et analyse des besoins pour la détection des feux de forêt ou les contrôles aux frontières, etc." ou encore à un usage grand public "avec des drones " faits maison " ou des drones-jouets répondant à des usages ludiques ou professionnels comme la photographie". Le Figaro rappelle qu'en France, des pompiers landais utilisent depuis plus d'un an des drones pour surveiller les feux de forêt en période estivale.

Caroline Pozmentier, chargée de la police municipale, sait bien qu'elle marche sur des oeufs et que le grand public voit les drones d'un sale oeil (peut-être pas au point de cette municipalité du Colorado qui compte faire des cartons avec les drones, mais tout de même). Aussi, elle a annoncé que dans quelques jours serait lancée "une étude pour une utilisation des drones dans un cadre juridique déterminé".

En attendant, connaissez-vous le film 1984, adapté du roman du même nom de George Orwell ?

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Par Théo Chapuis, publié le 20/09/2013

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