BitTorrent se tourne vers la légalité

L'entreprise américaine BitTorrent lance un projet de streaming en lignet une application Google Chrome orientée vers la recherche de Torrent légal. Il semblerait qu'un changement d'image soit en cours. 

Bram Cohen, inventeur du protocole

C'est une figure récurrente quand on en vient à l'histoire des entreprises de partages de fichiers sur internet. Un cycle qu'on peut constater sur bien des firmes qui ont connu la gloire grâce au téléchargement illégal. Napster le premier, puis Kazaa entre autres. BitTorrent à son tour désire prendre la voie du légal. Mais ici, pas d'annonces tonitruantes ou de fermetures en raison d'une condamnation judiciaire. Juste une modification profonde dans le corps de sa communication. Focus.

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De 20 à 40 % du traffic d'internet

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Lancé en 2001 par Bram Cohen, BitTorrent est un géant d'internet. Une de ces compagnies qui en a modifié la face grâce à un protocole innovant. Avec ses deux clients BitTorrent et µTorrent, c'est plus de 170 millions d'utilisateurs qu'elle draine chaque mois.

Chaque jour c'est entre 20 et 40 % du traffic de la Toile capté. Une pieuvre aux nombreuses tentacules qui a bien longtemps été associée au téléchargement illégal, l'entreprise ne maitrisant (et ne le voulant pas) aucunement les contenus partagés via son interface.

BitTorrent

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Mais tout cela est en passe de changer. Opération séduction, modification de son activité, volonté de policer quelque peu son image sulfureuse, BitTorrent par l'intermédiaire de Matt Mason, vice-président en charge du Marketing communique sur ce changement d'orientation :

BitTorent est un nom qui a bien longtemps été associé à tort au piratage. Nous ne contrôlons pas ces sites pirates. Cela n'a rien à faire avec notre activité.

Derrière les mots se cache également une nouveauté. L'entreprise américaine annonce le lancement de deux nouveaux services, orientés résolument vers le partage légal de fichiers : un site de streaming BitTorrent Live (en Beta Test) et une extension Google Chrome pour la recherche de torrent légaux BitTorrent Surf (en Alpha).

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Capture d'écran du site live.bittorrent.com

BitTorrent Lifting

L'habileté du changement d'image de l'entreprise réside également dans son association avec des artistes célèbres, ambassadeurs d'une légalité nouvelle et revendiquée. Le groupe américain Pretty Lights a fait ce choix en décembre 2011. C'est le cas aussi de DJ Shadow qui, en juillet dernier, a réservé une partie de son Total Breakdown: Hidden Transmissions From The MPC Era, 1992-1996 pour le partage vie BitTorrent (toujours disponible par ici).

Ou de l'écrivain Tim Ferriss qui en a appelé aux services de BitTorrent pour la médiatisation de son ouvrage. Mais aussi un plan marketing en bonne et due forme. Et là Mike Fiebach, PDG de l'agence de communication digitale Famehouse, entre en scène :

A la fin de la journée, font-ils [les sites de téléchargement illégaux, ndlr] du profit grâce au piratage ? Oui. Est-ce ce qu'ils veulent ? Non. Et pour eux, changer la manière dont leurs outils fonctionnent pourrait avoir des répercussions sur leur capacité à avoir une influence "positive" sur la Toile.

Influence positive, certes mais également une nouvelle manière de monétiser leurs activités. Dans le cas de Pretty Lights, le partage d'un torrent a eu comme conséquence une augmentation de 700% du traffic sur le site du groupe américain. Autant de t-shirts et de disques vendus, autant de raisons pour l'entreprise de demander une contrepartie financière. Car comme l'a déclaré Eric Klinker, PDG de BitTorrent, en juillet dernier, ces associations avec des artistes sont :

[Une nouvelle manière] de monétiser l'ensemble de l'écosystème "torrent".

Monétiser, le mot est lâché.

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Source : The Guardian

Par Tomas Statius, publié le 14/03/2013

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