AccueilÉDITO

Le Royaume-Uni veut bloquer le porno

Publié le

par Théo Chapuis

David Cameron a annoncé au Guardian la mise en place d'un système de blocage du contenu pornographique en ligne. 

Au diable le porno. Voilà la pensée résumée d'un David Cameron soudain très puritain. Selon le Guardian, le premier ministre du Royaume-Uni a déclaré vouloir tout mettre en oeuvre pour contrecarrer l'influence "corrosive" de la pornographie sur les jeunes. Pour cela, son plan de sauvetage de la jeunesse d'Albion repose sur trois points.

Les FAI anglais bloqueront directement les contenus pornographiques lors de l'installation d'une ligne. Là où, en France par exemple, il faut faire une démarche active pour installer le contrôle parental, de l'autre côté de la Manche ce sera strictement l'inverse : un filtre sera déjà installé par défaut. À vous de le désinstaller pour avoir accès à ce type de contenu.

"Viols simulés" ? No, thanks

Par ailleurs, selon David Cameron, il y a pornographie et pornographie. Ainsi le gouvernement veut-il rendre illégale la possession de contenus dits "extrêmes", notamment les "viols simulés". Voilà l'explication du Premier ministre :

Il y a certains types de pornographies qui ne peuvent qu’être qualifiés d’extrêmes… ce qui est violent et  qui montre des scènes de viols simulés. Ces images banalisent la violence sexuelle à l’égard des femmes.

Un troisième point concerne le listing systématique de requêtes "déviantes" - comprenez pédopornographiques - par une association de défense de l'enfance. À noter que les FAI devront partager leurs données pour que cela fonctionne.

Appât du gain électoral

Frédérik Tibau, rédacteur à Data News a déjà réagi aux annonces de Cameron. Selon lui, ces mesures sont clairement "guidées par l'appât du gain électoral" et témoignent d'une méconnaissance d'internet. "Si l’on bloque un terme, des dizaines d’autres ayant la même signification apparaîtront aussitôt: la terminologie en matière de sexe change rapidement et continuellement".

Et de conclure, en forme de questions :

Et que se passera-t-il lorsqu’un chercheur universitaire voudra faire une recherche sur le sujet? Ou qu’une organisation voudra s’opposer à l’abus d’enfants? Ou encore qu’une opinion comme celle-ci sera réfutée, parce qu’elle contient des "termes dégoûtants"? En outre, qui décidera quel terme est "dégoûtant"?".

On vous conseille également :

À voir aussi sur konbini :