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Le Sénat veut taxer les jeux vidéo

Publié le

par Tomas Statius

Publié ce mardi, un rapport du Sénat préconise la mise en place d'une taxe sur les jeux vidéo pour la constitution d'un fond de soutien à la production française. Entre autres choses. 

Faire des jeux vidéo une exception culturelle à l'instar du cinéma, de la musique ou du théâtre et ainsi taxer la production étrangère vendue sur le sol français et valoriser la production locale grâce à un fond géré par le CNC. Telles sont les préconisations d'un rapport rendu par le Sénat ce mardi matin porté à notre connaissance par le magazine spécialiste du numérique, Numerama.

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Celui-ci se base sur un double constat : la manne financière que représente le marché de la création vidéo-ludique (selon les chiffres avancés par le texte, près de 50 millions de produits, jeux et consoles, se vendent sur le territoire français chaque année) et le manque de moyen de la production hexagonale face aux acteurs américains et nippons.

Les jeux vidéo : prochaine exception culturelle à la française ?

Le mécanisme serait le suivant : taxer à hauteur de quelques centimes les ventes de jeux uniquement physiques (pour éviter de se heurter à des obstacles légaux inénarrables) pour permettre d'augmenter les fonds des mécanismes de soutien déjà existants.

Selon André Gattolin (EELV) et Bruno Retailleau (UMP), rapporteurs du texte :

Sur des produits commercialisés entre cinquante et soixante-dix euros en moyenne lors de leur lancement, (la taxe) représenterait une charge supportable pour l'acheteur, surtout au regard de son utilité finale (...) Elle pourrait aisément venir doubler les financements publics alloués au secteur, si l'on a en tête que le FAJV (Fonds d'aide au jeu vidéo, ndlr) représente trois millions d'euros d'aides et le CIJV (Crédit d'impôt jeux vidéo, nldr) deux millions de dépense fiscale.

Outre cet aspect, le rapport suggère la création d'un Steam (plateforme d'achat de jeux en ligne) à la française pour favoriser les créations bleu-blanc-rouge.

Une initiative qui risque, à défaut de rester lettre morte, de mettre du temps à se mettre en place quand on sait que l'aval des autorités européennes est nécessaire à sa mise en place. Et si l'on s'en souvient, il y a quelques mois, Bruxelles voyait déjà d'un mauvais oeil la survivance du principe de l'exception culturelle à la française.

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