Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook.

"J'ai 13 ans et aucun de mes amis n'a Facebook"

A travers un "post" de blog Mashable, une jeune américaine de 13 ans a exprimé une certaine lassitude des adolescents auprès de Facebook. Une illustration en chair et en os du déclin de l'intérêt du réseau de Mark Zuckerberg chez les jeunes. 

Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook.

"J'ai 13 ans et aucun de mes amis n'a Facebook". Cette phrase est tirée d'un texte d'une jeune américaine de 13 ans adressée au site Mashable. Le titre et le contenu ont permis à l'article de rencontrer un franc succès, "aimé", paradoxalement, plus de 13 000 fois sur le réseau de Mark Zuckerberg et partagé près de 4000 fois sur celui de son concurrent Twitter. Un mini-séisme au royaume de Facebook.

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Elle s'appelle Ruby Karp et se décrit comme une adolescente dont les amis utilisent Vine (application qui permet de partager des vidéos de six secondes), Snapchat (application qui permet de partager des photos) et Instagram (même chose, mais depuis peu avec des vidéos de quinze secondes). Et l'adolescente croit savoir pourquoi Facebook "est en train de perdre ses adolescents".

Premier constat, Facebook n'est plus seul sur le marché : Instagram a débarqué (racheté par Facebook pour un milliard de dollar en 2012) et "tous [les] amis" de Ruby se sont rués sur cette nouvelle application. Aussi, la jeune américaine a tout de même créé un compte Facebook. Pour voir. Mais en raison de l'absence de ces amis sur celui-ci, elle a trouvé le réseau social "inutile". Par dessus tout, Facebook est selon elle un réseau social de vieux : si une photo d'elle prise lors d'une soirée émergeait sur le réseau, ses parents le sauraient. Pas étonnant que des applications comme Vine, Snapchat, Cinemagram ou Viddy attirent les jeunes de son âge : elles sont plus intimes.

Mais Ruby Karp ne s'arrête pas là. Même si elle avait toujours voulu obtenir un compte Facebook, les changements fréquents de l'interface du réseau social (l'arrivée de la Timeline) la dérangent. A contrario, elle préfère la simplicité de Twitter avec ses "quatre boutons". De la même manière, elle critique l'intrusion publicitaire de Facebook en fonction des pages qu'elle a aimées.

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"Ça devient trop compliqué" et "si tu montres plein de nouveautés aux adolescents, ils vont s'ennuyer et trouveront un nouveau réseau social" précise t-elle. Et de conclure :

Facebook a besoin des jeunes, parce que nous serons très bientôt les personnes qui le feront marcher.

Une tribune qui consacre des études

Les conclusions de cette fille de 13 ans (qui a tout juste l'âge d'accéder au réseau social) illustrent pour la première fois des études publiées régulièrement ces derniers temps. La dernière en date, réalisée par l'entreprise Social Bakers, démontrait que Facebook avait perdu 11 millions d'utilisateurs rien qu'aux États-Unis (9 millions) et en Grande-Bretagne (2 millions). En dehors de ces deux pays anglo-saxons, la France, l'Allemagne et le Canada connaissaient une tendance similaire.

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En mars dernier, Business Insider évoquait une expérience censée exprimer cette lassitude 2.0. Celle d'Adam Ludwin, un développeur américain. Alors qu'il conçoit une application pour Facebook, il organise une mini-conférence avec 20 personnes de moins de 25 ans pour mieux cerner leurs attentes.

Le constat fait mal :

Ils m’ont donné la réponse typique des adolescents : “Facebook nous ennuie”.

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En février 2013, Facebook lâchait son rapport annuel. Dans un des paragraphes qui concernait les jeunes, le réseau social de Palo Alto écrivait :

Certains de nos utilisateurs, notamment les plus jeunes, sont très actifs sur des réseaux semblables à Facebook. Certains d’entre eux ont par exemple réduit le temps passé sur Facebook au profit de services comme Instagram. Dans l’éventualité où ce type de comportement se développerait, notre entreprise pourrait en pâtir [...]. Par conséquent, nos concurrents pourraient acquérir et engager des utilisateurs aux dépens de l’augmentation de l’engagement de notre base d’utilisateurs, ce qui pourrait affecter négativement nos affaires et nos résultats financiers.

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Par Louis Lepron, publié le 12/08/2013

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