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GTA V : une sortie mouvementée

Publié le

par Théo Chapuis

La sortie du jeu GTA V était attendue. Tellement qu'elle a secoué non seulement Internet mais a aussi donné lieu à des faits divers, parfois cocasses, parfois tragiques. Tour d'horizon.

Pour rappel, GTA V est sorti le 17 septembre 2013 (Crédits : Lucas Jackson / Reuters)

C'est un euphémisme de dire que la sortie de Grand Theft Auto V est attendue. Annoncé il y a deux ans, repoussé de six mois, le jeu au coût record de 265 millions de dollars a mis à rude épreuve la patience des gamers de la planète entière.

Pour faire monter la pression, Rockstar Games a dévoilé le contenu du jeu au compte-gouttes, que ce soit pour une classique bande-annonce, la découverte de la carte de la ville de Los Santos (où évoluera le joueur) ou encore la fuite de 90 chansons présentes sur les ondes des radios.

Et à sortie exceptionnelle, circonstances exceptionnelles. Il n'est pas étonnant de prendre connaissance de faits divers insolites qui ont entouré le lancement de GTA V. Lisez plutôt.

"10g de cocaïne et un exemplaire de GTA V s'il vous plaît"

Les gérants de la boutique EB Games de Queensland (Australie) pensaient avoir eu une bonne idée. Puisque GTA est une licence de jeux de gangsters, autant jouer la carte cliché jusqu'au bout en étalant de faux sachets de cocaïne sur le comptoir. Posté très vite sur Reddit par un utilisateur, un cliché du happening en question a très vite fait le tour du monde, provoquant l'indignation.

Et avec GTA V, je vous mets un p'tit sach' ? (Crédits : Reddit)

Résultat, le distributeur EB Games a fustigé dans un communiqué un "incident isolé", rassurant la clientèle quant au contenu des sachets en question - qui renfermaient une poudre sucrée qu'on trouve au rayon des bonbons - et s'excusant "pour les offenses occasionnées". On note au passage que la réglementation sur les jeux vidéo est très stricte en Australie. La sortie de GTA V est accompagnée d'une interdiction à la vente pour les moins de 18 ans et certains jeux, tel Saints Row 4, sont interdits à la vente car jugés trop violents. 

Thug life à Montargis

Pas besoin de s'exiler à l'autre bout de la planète pour constater. A Montargis, on a aussi souhaité marquer le coup. Dans la commune du Loiret, les deux vendeurs de la boutique Micromania ont revêtu "bonnets et casquettes de gang, écharpes nouées et ajustées sous les yeux, et calibres... factices" selon BFMTV.

Pas de bol pour eux : un passant n'a pas saisi la blague et a usé de son téléphone, croyant à un braquage. Voilà comment "en quelques minutes, le magasin se retrouve cerné par un groupe d'intervention d'une quinzaine d'agents de la BAC et de la section de recherche, équipés de pistolets mitrailleurs, et prêts à en découdre avec un commando de braqueurs ultra-violents", comme l'explique le site de la chaîne d'infos en continu.

Les vendeurs de la boutique Micromania de Montargis sont passés à deux doigts du drame. (Crédits : La République du Centre)

La situation est tellement absurde que la gérante, "paniquée", a tenté une sortie pour expliquer aux agents de police qu'il ne s'agissait pas d'un hold-up, mais d'un happening pour la vente de GTA V. Une plaisanterie que n'ont pas goûté les autorités, un officier de police témoignant dans les colonnes de la République du Centre que "ça aurait pu se terminer très mal".

Poignardé pour GTA V ?

Dans un registre plus tragique, un Britannique qui sortait d'un magasin de jeux vidéo de la banlieue de Londres avec le jeu GTA V à la main a été victime d'une agression violente dans la nuit. La police a confirmé à l'AFP que l'homme de 23 ans avait été "frappé avec une brique et poignardé avant de se faire dérober le jeu vidéo".

(Capture d'écran d'un jeu GTA)

Certains médias, comme Numérama, expliquent qu'il est cependant un peu hâtif d'établir un lien réel entre cette agression et le vol spécifique du jeu vidéo des studios Rockstar. Outre le jeu, la victime s'est également fait dérober son téléphone portable ainsi que sa montre. Précisons que l'agression s'est déroulée aux alentours de 1h20 du matin, une heure où il est plus facile de se faire frapper qu'en plein jour. Or, le fait est là : une véritable attaque a bel et bien eu lieu en marge de la sortie tant attendue du jeu.

Le mème GTA

Voilà pour les faits divers dans le monde réel. Or, depuis la sortie du jeu, les parodies en ligne n'en finissent pas de fleurir, notamment celles reprenant le visuel de la pochette, élevant l'atmosphère graphique gangsta de GTA au statut de mème.

Rebondissant sur l'actualité tragique qui entoure l'affaire du bijoutier de Nice, le dessinateur du Monde Martin Vidberg a imaginé un GTA V : Nice City sur son blog "L'actu en patates". La structure en patchwork de la pochette du jeu original est reprise telle quelle. Des références au meurtre du jeune braqueur par le tenancier de la boutique de bijoux ont été ajoutées.

(Crédits : Martin Vidberg)

On ne compte pas les autres parodies de la pochette, grand classique lors des lancements de jeux GTA, par les internautes. On ne résiste pourtant pas à l'envie de vous présenter GTA Marseille.

Peut-être un filon à exploiter pour Rockstar Games.

De vieilles controverses

On peut dire que chez Rockstar, on a l'habitude. La licence Grand Theft Auto, dès la sortie de son premier opus en 1997, a créé des remous de par son environnement et ses personnages : des escrocs, des gangsters, des tueurs et autres fréquentations peu recommandables in real life.

En décembre 2012, le sénateur démocrate américain Joe Manchin avait affirmé dans une interview à la chaîne télévisée MSNBC que la série des GTA représentait les jeux vidéo dans ce qu'ils avaient de plus violents et devaient être interdits à la vente. Le sénateur est arrivé à cette conclusion en réagissant après la tuerie de Newtown, traumatisante pour les États-Unis.

Dans l'Hexagone, c'est principalement l'association Familles de France qui lutte depuis le début des années 2000 contre la licence. Nadine Morano avait d'ailleurs joint sa voix à ces protestations, allant jusqu'à se laisser photographier en famille, manette en main, pour fustiger GTA IV à sa sortie. Elle dépeignait un jeu "violent", "amoral" et "potentiellement addictif". 

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