Le logo Google fiber. (Capture Youtube)

La fibre optique par Google bientôt en France ?

Fleur Pellerin l'a annoncé : la France pourrait s'ouvrir à Google Fiber, le projet de fibre optique de la firme du moteur de recherche. De quoi inquiéter les FAI français.

Google

Le logo Google fiber. (Capture Youtube)

Il y a quelques mois, Slate expliquait avoir testé la connexion internet la plus rapide du monde : le Google Fiber. Fahrad Manjoo, chroniqueur high-tech du journal en ligne, expliquait avoir testé un web à plus de 900 Mb/s en upload et en download, testé à Kansas City en mars 2013 par la firme et en projet depuis mars 2010. Le journaliste déclarait dans son article :

Publicité

Les vitesses proposées par Google sont donc 42 fois plus rapides que les miennes en download et 303 fois plus rapides en upload. J’ai retenu mes larmes.

Il se pourrait que nous puissions aussi connaître cette sensation : selon des informations de Slate, Google Fiber en France, "c'est une possibilité", confirme une source gouvernementale. "Google a envie d'essayer d'autres villes et pas qu'aux Etats-Unis, la France pourrait être un bon endroit" cite encore le journal en ligne, qui précise que Google Fiber en est toujours à l'état de test aux USA dans trois villes, Kansas City (Kansas), Austin (Texas) et Provo (Utah).

"Dans tous les pays du monde" ?

L'annonce interpelle quand on sait à quel point le marché des fournisseurs d'accès à Internet (FAI) est réglementé en France. C'est pourtant Fleur Pellerin, la ministre de l'économie numérique qui a évoqué la première un éventuel débarquement de Google Fiber lors d'une audition devant la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale le mardi 1er octobre sur le déploiement du très haut débit. La ministre déclarait alors :

Publicité

J'ai vu il n'y a pas très longtemps une grosse entreprise américaine, qui fait un moteur de recherche, et qui m'a dit: "Nous on fait du très haut débit et de la fibre au Kansas et on est en train de se demander si on ne va pas proposer ce service dans tous les pays du monde".

Évidemment, on reconnaît bien là Google et sa fibre testée initialement dans l'État américain. Slate rappelle par ailleurs que Fleur Pellerin rencontrait récemment Patrick Pichette, vice-président et directeur financier du groupe, également en charge du projet Google Fiber.

Publicité

Menace

Pourquoi cette annonce ? On peut soupçonner l'exécutif de faire pression sur les FAI français en agitant la menace du débarquement du mastodonte Google dans la lutte sans merci que se livrent déjà Orange, Bouygues, SFR, Free, Numéricable... etc. Une source gouvernementale assure même que "Fleur Pellerin a aussi passé le message en Corée". Sous-entendu : faites passer le mot, rien n'est acquis.

Et Fleur Pellerin d'être encore plus explicite à l'encontre des entreprises françaises : "Je préfère aujourd'hui que les opérateurs européens aient des marges d'investissements pour fabriquer nos réseaux plutôt que ce soient des entreprises over the top qui se mettent à les déployer", déclarait aussi la ministre ce 1er octobre.

Aussi, l'Arcep rappelle que si la procédure de Google n'en reste pour le moment qu'au stade "déclaratif", elle est tout à fait recevable. Il suffit à la firme de se soumettre à la législation qui encadre le rôle d'opérateur de télécommunications (L 32 et suivants du Code des Postes et des Communicationss Electroniques) et le déploiement de la fibre optique en France. De quoi donner un coup de pied dans la fourmilière des FAI en France... et les fourmis risquent de ne pas apprécier.

Publicité

On vous conseille également :

Par Théo Chapuis, publié le 09/10/2013

Copié

Pour vous :