"La femme en rouge" ou l'icône turque des réseaux sociaux

Depuis le 28 mai, une image est passée des rues d'Istanbul au statut de symbole des manifestations anti-Erdogan. Son surnom : la "femme en rouge".

femme en rouge

"The Lady in Red" (Crédit Image : Reuters / Osman Orsal)

Voilà près de dix jours que Recep Tayyip Erdoğan, le premier ministre turque, fait face à des demandes à répétition de démission. Tout a commencé le 28 mai dernier lors d'une manifestation à Istanbul dont l'objectif était de protéger le parc Gezi de la destruction. En lieu et place, une réplique de caserne ottomane doit s'élever. Face au refus des autorités et à l'obstinence des opposants au projet, des altercations ont lieu. Des images, des vidéos et des témoignages illustrent alors un embrasement soudain d'une partie de la société turque.

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Une image fait alors le tour des réseaux sociaux à travers un surnom, une sorte de nom de code neutre : "the Lady in Red", autrement dit la "femme en rouge". Elle a été prise le 28 mai dans le parc de Gezi. On y voit une femme, robe rouge, sac blanc, chassures noires : alors qu'un policier l'asperge de gaz lacrymogène, son attitude est pacifique, stoïque, de marbre. Elle s'appelle Ceyda Sungur et est assistante en recherche à l'Université Technique d'Istanbul. Elle va vite devenir une icône.

La série d'images a été prise par un photogaphe de Reuters, Osman Orsal. Il choisit la deuxième photo (voir ci-dessous) mais ne pensait pas qu'elle connaîtrait un tel succès. Au Nouvel Observateur, il commente :

J'ai suffisamment d'expérience aujourd'hui pour savoir quand la police va se mettre à utiliser du gaz lacrymogène, témoigne le photographe. Quand ils commencent à tirer, je sais que je n'ai le temps que pour 3 ou 4 photos avant d'avoir du mal à respirer, malgré mon masque à gaz.

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"The Lady in Red" (Crédit Image : Reuters / Osman Orsal)

Aujourd'hui, cette femme à la robe rouge est devenue, sans qu'elle le veuille, un symbole des manifestations qui durent depuis plus de dix jours. Dans l'unique interview que Ceyda Sungur a donnée pour un site web turque, elle avance :

Chaque citoyen qui defend les droits de l'homme, chaque travailleur qui défend les droits de l'homme et chaque étudiant qui défend les droits de l'université a été témoin de la violence policière à laquelle j'ai fait face. Beaucoup de personnes comme moi ont été virées du parc en défendant leurs droits, la démocratie. Ils ont été gazés.

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Aujourd'hui, la photo se retrouve sur des banderoles, détournée pour mieux symboliser la lutte, comme si un mème Internet finissait dans la rue. Sa posture est devenu graffiti, ou poster :

Capture d'écran Twitter 

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Par Louis Lepron, publié le 10/06/2013

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