Dennis Hope (Capture d’écran)

Dennis Hope, l'agent immobilier et propriétaire de la Lune

Depuis des années, on parle de Dennis Hope, cet intriguant personnage soi-disant propriétaire de la Lune. Retour sur son parcours alors que The New York Times lui a reservé un documentaire.

Dennis Hope (Capture d'écran)

Dennis Hope est un homme au boulot peu ordinaire : il vend des propriétés sur la Lune depuis les années 80. Ce n'est pas la seule planète à son compteur : il a aussi réussi à adjuger des terrains sur Mercure, Mars, Venus et le satellite naturel de Jupiter, Io.

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Du coup, Simon Ennis a réalisé un mini-documentaire autour de sa personne pour le compte du New York Times : The Man Who Sells the Moon, en référence à la chanson de David Bowie The Man Who Sells the World.

 The Man Man Who Sells The Moon

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Comment une telle chose est possible ? Comme l'avance le documentaire, "Dennis Hope est propriétaire de la Lune (en tout cas, c'est ce qu'il pense)". Selon cet Américain, c'est le Traité de l'espace qui lui donne raison, un traité international ratifié en 1967 qui s'occupe des "principes régissant les activités des États en matière d'exploration et d'utilisation de l'espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes".

Pourquoi ? Car son deuxième article déclare qu'aucune nation ne peut s'approprier le satellite grisâtre. Dix ans plus tard, l'accord de la Lune, signé en 1979, écrit noir sur blanc que la Lune appartient à tout le monde et qu'elle est un bien collectif. Un beau vide juridique en somme.

400 millions d'hectares vendus en 30 ans

Résultat, Dennis Hope se fait de l'argent sur le dos de notre cher satellite via son agence immobilière, la Lunar Embassy. Chaque parcelle de terrain coûte la somme de 24 dollars, en comptant :

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  • 19 dollars pour la propriété;
  • 1,5 dollars de taxe lunaire;
  • 2,5 dollars pour imprimer le nom du propriétaire sur le certificat.

Depuis un divorce qui l'aurait ruiné, cet Américain aurait vendu plus de 400 millions et demi d'hectares de terres lunaires grâce à son agence de l'espace. Combien de clients ? En 2004, plus de 3,7 millions pour 5,4 millions de citoyens éparpillés dans 193 pays. Oui oui, c'est lui qui le dit.

Vidéo : The Man Who Sold The Intragalactic World

Et il aurait même vendu des parcelles à des pigeons illustres comme les présidents républicains George W.Bush, Ronald Reagan ou même Jimmy Carter !  Entre temps, il a créé un "Gouvernement Intergalactique", grâce auquel il a ratifié une constitution en accord avec les propriétaires et les différents gouvernements lunaires qui ont émergé. Et une monnaie a même été instituée : le Delta. Normal.

Une agence devenue société exploitatrice d'Helium 3

Interrogé par le webzine français Gonzai, Dennis Hope va plus loin dans son délire intergalactique : il entend exploiter les ressources de la Lune.

En 2008, nous avons évalué que la Lune abrite des réserves d’Helium 3 – une énergie très puissante – valant des milliards de milliards de dollars. Nous comptons bien exploiter ces réserves et crédibiliser de la sorte notre devise, le Delta, afin de pouvoir commencer à l’utiliser et aider des gouvernements financièrement dans le besoin.

Conséquence directe : l'Ambassade Lunaire, à l'origine une agence immobilière, est devenue la première et unique société à pouvoir utiliser les ressources d'Helium 3 pour le compte du "Gouvernement Intergalactique".

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Un conflit d'intérêts qui témoigne de la folie du soi-disant gouverneur de la Lune. Mais pour l'instant, au regard du flou juridique qui entoure la Lune (Wired écrivait en 2012 qu'elle n'appartenait à personne), Dennis Hope fait grossir son compte en banque. A vue de Lune.

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Par Louis Lepron, publié le 12/03/2013

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