Comment nos écrans influencent notre humeur

Nos écrans ont un impact sur notre humeur et c'est la science qui le dit. Si tu es de mauvaise humeur, tu pourras toujours taper sur ton ordinateur.

A quel point nos vies virtuelles influencent-elles nos esprits ? L'ordinateur a modifié le quotidien des hommes. En plus d'avoir  une bonne partie  nos pensées connectées à cette virtualité,  notre corps se transforme aussi à son contact, nos yeux en première ligne. Rivé sur l'écran comme sur un point fixe, notre regard est en face à face permanent avec ce carré de lumière vive.

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Les études qui démontrent l'impact de l'ordinateur sur la vue sont foison. Et que dire des conséquences sur notre sommeil ? La lumière de nos écrans que nous sollicitons souvent via la télévision, l'ordinateur ou le smartphone trouble notre horloge biologique. La lumière attise l'intérêt et nous tient en éveil avec pour effet la perturbation de notre sommeil qui tarde alors à venir.

C'est un fait : petit à petit et sans même que nous ayons eu le temps d'en prendre conscience, les écrans influencent notre rapport à la quotidienneté. L'avenir nous dira quelles sont les conséquences réelles mais en attendant, les scientifiques s'emploient à prendre les devants en multipliant les expériences.

Ainsi, des chercheurs de l'Université de l'Ohio ont publié cette semaine dans le Journal de la Neuroscience une étude visant à prouver l'impact de ces écrans sur notre humeur. Après tout, si nos nouveaux compagnons modifient l'état de notre corps et accaparent ainsi notre esprit, il semble logique qu'ils influent sur notre humeur aussi.

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Des hamsters, des écrans et la dépression

L'humeur varie d'un homme à l'autre mais pour chacun, elle est fluctuante. Ce que l'on appelle l'homme à humeur égale est un concept pour les gens de notre temps. La rapidité de nos vies, nos exécutions professionnelles, le stress de notre environnement en perpétuel changement ne facilite pas l'apaisement de nos humeurs qui sont soumises à une constante adaptation.

C'est dans ce contexte instable que se nourrit un des grands maux de notre époque : la dépression. Ce mot a tellement été rabâché qu'il est empreint de connotation négative. Mais les scientifiques de l'Université de l'État de l'Ohio ont pris ce point très au sérieux.

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Partant de l'idée que les écrans nous dominent sans pour autant avoir atténué ce mal d'un nouveau genre, les chercheurs ont voulu étudier le rapport entre l'humeur dépressive et nos écrans de toutes sortes (télé ordinateur, smartphone). Des hamsters, de l'eau sucrée et des écrans, il n'a suffi de rien d'autre à ces chercheurs pour accomplir leur travaux.

Partant de la base que ces animaux sont férus de cette eau sucrée et qu'une baisse de la consommation est le signe potentiel d'une dépression, les scientifiques ont fait boire à ces hamsters de l'eau pendant toute une nuit et ce, sous quatre éclairages différents : rouge, bleu, blanc et noir total. Leur consommation d'eau sucrée sous ces lumières a été scrutée et le résultat est parlant.

Randy Nelson, membre de l'équipe de recherche, a ainsi révélé que :

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Dans quasiment toutes les mesures que nous avons eues, les hamsters exposés à la lumière bleue avaient les plus mauvais résultats, suivis par ceux exposés à la lumière blanche. [...] Alors que l’obscurité totale était la meilleure condition, la lumière rouge n’était pas aussi nocive que les autres longueurs d’onde étudiées.


Et là, on appelle Mac Lesggy pour l'explication :

- Nos globes oculaires sont pourvus de ce que l'on appelle des cellules ganglionnaires rétiniennes situées dans la rétine. C'est elle qui reçoit l'information visuelle via d'autres intermédiaires cellulaires qui constituent le nerf optique et tout cela est relié au cerveau.

Et de poursuivre :

Pour faire bref, l'oeil détecte la lumière et envoie l'information au cerveau ce qui influe sur notre rythme biologique et donc, sur notre humeur. On peut donc supposer qu'une image négative ou agressive engendre une négativité de la pensée de façon, relative bien entendu.

Mac Lesggy fait les conclusions mieux que personne. Si l'expérience doit encore se développer pour cerner l'ensemble de l'impact de la lumière de nos écrans sur notre comportement, elle confirme combien nos outils changent la donne. La bonne ou la mauvaise humeur est avant tout question de perception et la vision du monde ne dépend de rien d'autre que de cela.

Le monde de demain se construit inévitablement main dans la main avec nos robots. Mais si les conclusions de cette étude se confirment sur l'Homme, il se pourrait que la dépression confirme aussi son statut de mal du siècle.

Par Afifia B, publié le 09/08/2013

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