AccueilFood

On a discuté avec Maud, la jeune gagnante du Meilleur Pâtissier

Publié le

par Emma Couffin

De Christelle Brua à Christophe Michalak, la candidate s’est attiré les éloges des plus grands chefs pâtissiers.

On a discuté avec Maud, la jeune gagnante du Meilleur Pâtissier

© Capture écran Le Meilleur Pâtissier. Crédits : Marie Etchegoyen

À seulement 16 ans, elle est devenue la plus jeune candidate à décrocher le prestigieux titre de Meilleure pâtissière, en janvier dernier sur M6. Semaine après semaine, elle a bluffé Cyril et Mercotte en présentant des desserts toujours plus maîtrisés et audacieux les uns que les autres. Maud aime les desserts simples, “légers, pas trop sucrés et élégants”, qui lui valurent d’ailleurs de remporter cette dixième saison.

Depuis sa victoire, elle a sorti un livre de recettes, prépare l’ouverture de sa pâtisserie et multiplie les projets culinaires. Deux mois plus tard, elle nous parle de son parcours.

Konbini food | Quand as-tu commencé à pâtisser ?

À voir aussi sur Konbini

Maud | Avant le début du tournage, ça faisait un peu plus d’un an. J’ai regardé la saison 8 du Meilleur Pâtissier et ça m’a donné envie d’essayer. J’y suis allée au feeling : j’ai fait un premier gâteau, ça m’a plu et mes parents ont aimé. C’est comme ça que ça a commencé.

Tu étais la plus jeune candidate de la saison, ça t’a mis la pression ?

Au début, j’appréhendais un peu le jugement du jury et l’entente avec les autres candidats. On ne se connaît pas du tout, à la base, et on se retrouve confinés tous ensemble. J’avais peur que les chefs ne me traitent pas pareil à cause de mon âge. Alors que si, il y avait vraiment une bonne ambiance. On a partagé une expérience unique avec les autres candidats, on a vraiment cette passion commune. J’ai gardé contact avec beaucoup d’entre eux : Alexandre, Aya, Paul-Henri, Jérémy.

Ça devait être impressionnant de se retrouver face à Cyril et Mercotte…

Forcément, au début, c’est un peu impressionnant. J’avais beaucoup d’appréhension lorsqu’ils ont goûté mon premier gâteau, mais par la suite, ils ont été très bienveillants et de bon conseil. Ce sont des personnes que j’apprécie, je garde un bon souvenir de notre rencontre et je les ai remerciées tout au long de l’aventure.

“J’ai été très flattée de la proposition de Christelle Brua, ça m’a beaucoup touchée, mais pour l’instant, je veux vraiment continuer mes études au lycée”

Tu as reçu de nombreux éloges des chef·fe·s lors des épreuves… Christelle Brua, la cheffe pâtissière de l’Élysée, t’a même proposé un apprentissage ?

Beaucoup de chef·fe·s ont dit de gentilles choses sur mes gâteaux. J’ai reçu de beaux compliments, particulièrement de la part de Christophe Michalak. J’ai été très flattée de la proposition de Christelle Brua, ça m’a beaucoup touchée, mais pour l’instant, je veux vraiment continuer mes études au lycée. Un apprentissage, c’est pour se professionnaliser. Or, pour l’instant, je ne pense pas en faire mon métier. J’ai d’autres passions, comme le sport. Je suis curieuse, je m’intéresse à beaucoup de choses.

Quel·le candidat·e fut redoutable, selon toi ? Qui aurait pu gagner ?

Aya était une candidate redoutable, pendant longtemps je l’ai vue gagner parce qu’elle était très douée. Alexandre a aussi connu une belle progression, surtout en finale. Ça s’est joué de très peu. Aya a reçu plus de tabliers bleus, elle a eu plus de tops que moi, elle a un style que j’aime beaucoup.

On était un peu différentes, Aya et moi, car elle faisait toujours bien mais elle avait des résultats constants. Moi, j’ai parfois été en danger, mais je prenais vraiment des risques. Cyril me le disait souvent : les 250 macarons à la finale, c’était un gros risque qui a payé.

“J’ai raté pas mal de cours à cause de l’émission donc j’essaie de me concentrer et de garder des notes correctes”

Qu’est-ce que l’émission a changé dans ta vie de tous les jours ?

Tout a été très vite. Il y a un an, je passais le casting. À l’époque, je n’imaginais pas du tout gagner l’émission, lancer un site, gagner 100 000 followers en une semaine, sortir un livre, etc. Donc quand les gens me disent que je les inspire, je suis vraiment touchée.

Aujourd’hui, je fais mes premières master class chez un pâtissier et j’ai une collaboration avec lui à Asnières. Aussi, j’essaie de mettre régulièrement des recettes sur mon site internet. J’ai raté pas mal de cours à cause de l’émission donc j’essaie de me concentrer et de garder des notes correctes. J’essaie de faire tout ça en gardant une vie sociale à côté. Ce n’est pas toujours évident, il faut trouver un équilibre.

Globalement je fais tout toute seule, mon père m’aide seulement pour le côté juridique. Toute la création de contenu, les collaborations, les montages photos et vidéos, c’est moi. Faire un beau gâteau peut prendre quatre ou cinq heures. En tout, en écrivant la recette et en en faisant un post Instagram, ça peut me prendre jusqu’à huit heures de travail.

“Je reçois des photos de gâteaux faits par des plus jeunes que moi, c’est hyper prometteur”

Dis-nous en plus sur ton livre de recettes ?

Dans mon livre, les recettes s’adressent à tous les niveaux. J’ai fait un livre accessible à tous, avec plein de saveurs différentes. D’abord, il y a des cookies, des madeleines, des cakes… Ce sont des choses plutôt simples. Puis il y a des desserts : une mousse au chocolat, un tiramisu, une crème brûlée… Au fur et à mesure du livre, on va vers des choses plus difficiles : des macarons, des tartes avec du pochage… Et, pour les plus motivés, on a quelques recettes d’entremets à la fin.

Le but, c’est que les gens qui m’ont suivie pendant l’émission puissent le reproduire chez eux. Même mes amis qui ne sont pas forcément des amateurs de pâtisserie s’en sortent bien. Je suis convaincue qu’on peut partir de rien pour pâtisser. Je reçois des photos de gâteaux faits par des plus jeunes que moi, c’est hyper prometteur.

Tu peux nous parler de ton partenariat avec Les Belles Envies ?

Ce sont des pâtisseries à indice glycémique modéré. Moi, qui fais beaucoup de pâtisserie, je sais que le sucre est vite addictif. La glycémie dépend de plein de facteurs, elle vient de la cuisson, du gluten, de la farine. Je trouve ça sympa de travailler avec eux. Ils ont proposé d’adapter une de mes créations dans leur boutique pour qu’elle soit accessible même aux personnes souffrant de diabète.

Peu à peu, on se rend compte que le sucre cause beaucoup de problèmes. Les pâtissiers essaient de plus en plus de désucrer leurs recettes. Ce n’est pas facile à faire, mais je pense que la pâtisserie à indice glycémique bas est le dessert de demain.