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“Louise, c’est une vraie meuf qui en a, et qui veut le prouver” : entretien avec Arnaud de Top Chef

Publié le

par Emma Couffin

Le favori belge de cette saison revient sur son aventure.

“Louise, c’est une vraie meuf qui en a, et qui veut le prouver” : entretien avec Arnaud de Top Chef

© Marie Etchegoyen/M6

Alors que la saison de Top Chef vient de s’achever sur une victoire de Louise, on s’est entretenus avec Arnaud Delvenne, finaliste de cette treizième saison. Originaire de Xhendremael en Belgique, Arnaud est le candidat feel good de cette année. Passionné de cuisine, il connaît toutefois un parcours atypique. Dissipé à l’école, il fait de la cuisine son échappatoire. Il sera notamment assistant manager chez Quick puis cuisinier de prison, avant d’ouvrir son propre établissement, L’Atelier du goût.

Depuis, il enchaîne les projets. D’abord chef du restaurant Le Moment, il deviendra ensuite chef exécutif du Groupe Van der Valk. Aujourd’hui à la tête de Nono à Liège, et de Philo Saucisse (aux côtés de Mickaël et Wilfried), le jeune chef ne compte pas s’arrêter là. Au départ, il intègre l’émission “juste pour le fun”, pensant être éliminé dès les premières semaines. Pourtant, il aura su épater les jurés par son audace et sa détermination, et ce, jusqu’en finale.

© Marie Etchegoyen/M6

Arnaud | J’étais on fire, je voulais faire le con. Je ne voulais pas me prendre au sérieux. Avant l’aventure, j’ai dit à mon patron : “Je reviens dans deux, trois semaines.” Quand j’ai vu les autres candidats pour la première fois, je me suis dit “même deux semaines ça va être dur”. Je ne pensais pas du tout arriver là. Je suis très fier car j’ai porté les couleurs de la Belgique très loin avec beaucoup d’humour. C’est comme notre Belgique : c’est décalé, c’est honnête, c’est sincère, c’est franc…

Tu te sentais comment au moment de la finale ? Tu as aidé Louise à un moment ?

Comme pour chaque épreuve, j’étais tiraillé entre l’excitation et l’appréhension. C’est notre travail, tu ne laisses jamais un collègue à terre comme ça. Notre métier, c’est du partage, de la transmission. Je l’ai simplement aidée à comprendre comment réussir par elle-même. Mais ça devrait être pareil dans la vie : tu as quelqu’un qui n’y arrive pas, tu l’aides.

Tu pourrais décrire Louise en quelques mots ?

Elle a un caractère exceptionnel. C’est une vraie meuf qui en a et qui veut le prouver. Je trouve que c’est génial car il n’y a pas assez de femmes dans la cuisine et elle a prouvé qu’elles avaient tout à fait leur place. Avec des émissions comme Top Chef, si on peut faire changer les mentalités ne serait-ce que d’une personne, on aura réussi.

“On pleurait de rire en repensant à toutes nos galères”

Quel est ton meilleur souvenir de l’émission ?

La Guerre des restos, car tu as une idée de resto complètement loufoque, 48 heures plus tard il est ouvert. On va du rêve à la réalité. C’est un ascenseur émotionnel : tu te coupes, tu te plantes, tu as des coups de jus… D’ailleurs, je suis certain que ce resto était hanté. C’était tellement drôle qu’une fois qu’on a fini la Guerre des restos et qu’on est rentrés à l’hôtel, on s’est écroulés. On pleurait de rire en repensant à toutes nos galères.

Quel est ton pire souvenir de l’émission ?

La première épreuve, celle où je passe entre le timbre et l’enveloppe. Encore une fois, j’avais fait les choses avec beaucoup de légèreté et je ne suis pas passé loin de l’élimination.

Top Chef, on peut dire que c’est une colonie de vacances ?

C’est vrai que, hors tournage, c’était pump it up, c’était vraiment super chouette. On a tellement de pression dans nos boulots respectifs que quand on est en off, on n’a aucune limite.

“Quand je reçois un commentaire négatif, je réponds simplement au client ‘je suis désolée que vous n’ayez pas été sensible à ma cuisine'”

Comment décrirais-tu Glenn Viel, ton chef de brigade ?

C’est un ours en guimauve, une petite barquette à la fraise. Il est adorable. Ce monsieur n’est que bienveillance, c’est un grand homme.

Est-ce que tu suis l’émission ?

La première, je voulais absolument la voir pour comprendre comment c’était tourné. J’étais très content car c’était très fidèle à moi-même, fidèle à qui j’étais dans l’aventure. J’ai eu des super retours. Je trouve qu’on a tous été très honnêtes et très fidèles à nos valeurs et ça se ressent à la diffusion.

Tu es attentif aux commentaires des internautes ?

Au début, oui. Maintenant, j’ai demandé à quelqu’un de s’en occuper et de me faire un feed-back une fois par semaine. C’est assez positif, donc tant mieux. Je n’ai pas envie de me tuer l’esprit avec des mauvais commentaires.

“Tout se joue sur un oubli d’assaisonnement, une erreur de technique”

C’est dur de prendre de la distance avec les commentaires négatifs ?

Quand on est sensible et qu’on prend les choses à cœur, oui. C’est comme dans mon resto, quand quelqu’un n’apprécie pas son repas, c’est chiant car notre seule volonté en tant que cuisinier est de donner du plaisir aux gens. Comme Glenn Viel me l’a dit il n’y a pas si longtemps : “Tout le monde n’est pas sensible au même artiste, ce n’est pas pour autant que ça fait de lui un mauvais artiste.” Maintenant, quand je reçois un commentaire négatif, je réponds simplement au client “je suis désolée que vous n’ayez pas été sensible à ma cuisine”.

Participer à cette émission t’a amené de la notoriété… Est-ce que ça te saoule quand on te demande un selfie ?

On m’arrête dans la rue, je passe des heures à passer entre toutes les tables pour parler aux clients. C’est très fatigant. Je peux comprendre l’intérêt des gens de rencontrer quelqu’un qui les a émus, qui les a fait rire à la télé, même si, parfois, ça me dépasse. Quand j’ai envie de passer un moment avec mon copain au restaurant ou quoi, ça ne me dérange pas, mais, pour mon compagnon, ça peut être très compliqué car on impose ses choix à notre entourage.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui voudrait tenter Top Chef ?

D’être attentif. Il n’y a pas de “meilleurs” ou de “moins bons”… Tout se joue sur un oubli d’assaisonnement, une erreur de technique. Plus tu arrives loin dans la compétition, plus les chefs sont intransigeants. Si on fait le con, on loupe des infos. Ce n’est pas que de la cuisine, il y a aussi tout le côté télévisuel derrière : il faut être à l’aise à la caméra, il faut être à l’écoute de tout le monde.

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