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Canicule : alors que tout le monde crève de chaud, les usines de glaçons jubilent

Publié le

par Emma Couffin

Chaque jour, une drôle d’entreprise peut produire jusqu’à 30 tonnes de glace.

Canicule : alors que tout le monde crève de chaud, les usines de glaçons jubilent

© Kaffee Meister / Jimmy Desplanques via Unsplash

Dans un cocktail, pour rafraîchir les stands des maraîchers ou les plats des traiteurs, les glaçons ont la cote en période de fortes chaleurs. Résultat : les usines qui en fabriquent tournent à plein régime et les livreurs sont surmenés.

“J’étais en production toute la nuit”, sourit Damien Friley, gérant de la fabrique À domicile glaçons, entreprise aux airs de maison de ville située à Asnières-sur-Seine.

Dans la cour, derrière un fourgon réfrigéré qui permettra à l’un des quatre employés de la fabrique de les livrer, une palette contenant une tonne de glaçons “classiques, carrés” est entreposée. Répartis en sacs de vingt kilos, vendus 20 euros le sac, ces cubes glacés sont préparés pour des clients professionnels : majoritairement des bars, des restaurants et des traiteurs, ou encore des discothèques et des poissonniers.

Mais pas seulement ! Les sacs de trois kilos sont destinés aux particuliers. Ils seront livrés “au plus vite” à des distributeurs, épiceries ou stations-service à Paris et dans toute l’Île-de-France.

S’il reconnaît que son travail est “plutôt saisonnier”, Damien Friley est présent toute l’année, 24 heures sur 24. Mais, forcément, la demande explose quand le mercure s’envole : “les distributeurs reçoivent plus de demandes, donc elles se répercutent sur nous”.

“Plus économique que des fabrications individuelles”

Quelque 30 tonnes de glace peuvent être produites chaque jour dans cette usine à taille humaine, dont les cinq machines réparties sur 300 mètres carrés tournent à plein régime ce mardi, avec près de deux fois plus de demandes qu’en temps normal.

Ces glaçons proviennent de l’eau de ville, traitée et adoucie dans l’enceinte de la fabrique et congelée en quelques minutes dans d’imposantes machines chromées. Un processus de création “plus économique que des fabrications individuelles”, assure M. Friley.

Une tonne de glace étant produite en moins d’une heure, des sacs s’entassent aussi dans les trois chambres froides de la fabrique. “Ils peuvent y rester deux, trois mois, mais là, le stock sera écoulé dans la journée”, explique-t-il.

À domicile glaçons conçoit aussi de la “glace pilée, pour les mojitos” ou des glaçons aux allures raffinées, conformes aux demandes “des palaces ou de grands restaurants”, plus onéreux que les cubes classiques. Ces derniers restent toutefois “la grande majorité de la production”.

En huit jours, les livraisons ont quadruplé

La société Promo glaçons, qui fabrique sa glace à Pantin en Seine-Saint-Denis, constate depuis le mois de mai un “pic précoce” des demandes, “alors qu’en temps normal, ça va crescendo à partir du mois d’avril”, selon Isabelle Galet, chargée de développement.

Ce pic, initié avec les premières fortes chaleurs en mai, apparaît “tous les ans un peu plus tôt”, confie-t-elle à l’AFP. La multiplication, l’intensification et l’allongement des canicules constituent un marqueur sans équivoque du réchauffement climatique, selon les scientifiques.

Promo glaçons a instauré un système de distributeurs automatiques — 70 au total à Paris, en Île-de-France et sur la côte normande — au sein de commerces partenaires ou dans des stations essence.

Pour Isabelle Galet, ils offrent “une meilleure accessibilité du glaçon et un produit moins cher”, sans les coûts de livraison. “Et nous avons une volonté de réduire notre empreinte carbone”, relève-t-elle, alors que l’entreprise livrait jusque-là ses clients à domicile.

“Depuis samedi dernier” et l’annonce de la vague de chaleur avec des températures au-delà des 30 °C dans la plupart des régions, les réapprovisionnements des distributeurs et les livraisons ont quadruplé en huit jours, souligne-t-elle.

Si les services de distribution et de livraison ne manquent pas, les fabricants sont peu nombreux en France. En Île-de-France, ils sont “quatre ou cinq”, selon Damien Friley, et “quelques dizaines sûrement” dans le pays, après la disparition d’usines de fabrication de pains de glace.

Konbini food avec AFP

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