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Le traducteur de hiéroglyphes d’Ubisoft et de Google sera bientôt opérationnel

Et ce grâce à l'aide précieuse de la communauté du jeu Assassin's Creed.

© Ubisoft

Les équipes d'Ubisoft et de Google semblent suffisamment satisfaites et confiantes pour communiquer dessus : leur traducteur de hiéroglyphes sortira d’ici fin 2018. Une démonstration vient d'en être faite au Google Cloud Next '18 qui s'est tenu à Londres.

"The Hieroglyphics Initiative" a été annoncée en septembre 2017, au moment du lancement d'Assassin's Creed Origins, dont le scénario nous emmène en Égypte antique, en 49 av. J.-C. L'idée, sur le papier papyrus, était simple : développer un traducteur automatique de hiéroglyphes. Dans la réalisation cependant, il y avait un problème de taille, au sens propre…

Comme pour toute IA fonctionnant sur le principe du "machine learning" (apprentissage automatique, en français), il a fallu nourrir la bête avec un gros stock de données pour que les algorithmes puissent apprendre correctement et faire ensuite leur job. Dans notre cas, un gros stock de glyphes plus ou moins beaux pour apprendre à bien les reconnaître.

Comme le stock de vrais hiéroglyphes dans la vraie vie ne suffisait pas, Ubisoft a demandé à la communauté d'Assassin's Creed de tracer des hiéroglyphes sur un module en ligne, en suivant des contours déjà dessinés (on peut encore s’y amuser). 80 000 chefs-d'œuvre ont ainsi pu être récoltés. Les équipes estimaient qu'il fallait au moins 50 représentations de chacun des 1 000 symboles de la période linguistique concernée (le moyen égyptien) pour arriver à de bons résultats de reconnaissance.

L'étape de conception d'après, elle, a été plus classique : utiliser de nombreux corpus de textes déjà traduits, du moyen égyptien dans une langue contemporaine, pour mettre au point les algorithmes de traduction à proprement parler.

Ubisoft et Google, qui ont collaboré avec de nombreux universitaires, espèrent que leur outil rendra service à la communauté scientifique et aux égyptologues amateurs.

Par Pierre Schneidermann, publié le 12/10/2018

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