A man browsing DVD’s in a film shop.

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Voilà, c'est fini : le dernier vidéoclub de Suisse vient de fermer ses portes

Netflix and chill, c'était mieux avant.

Les amoureux de la nostalgie ou les vieux cons pourront désormais le dire : Netflix and Chill, c’était mieux avant. Avant, il fallait lever ses fesses de son lit et de son canapé, prendre ses jambes ou sa voiture, aller au centre-ville de son bled aux heures d’ouverture des magasins et choisir un film dans le vidéoclub local. Souvent, le Blockbuster du moment était déjà loué, du coup, pour choper, on se rabattait sur Titanic. Oui, tout ça c’était avant.

Au début du mois, le dernier vidéoclub de Suisse a fermé ses portes. Après 35 ans d’exploitation, "Le Cinoche", à Chêne-Bourg dans le canton de Genève met un clap de fin à la folle épopée de la location de films en Suisse. L’année dernière, c’est la mythique chaîne "Vidéo Folies" qui l’avait précédé, avec la fermeture de toutes ses succursales en Suisse romande. 

Le DVD, c’était écolo ? 

D’abord les cassettes VHS (abrégé K7 en langage sms pour les cool kids de l’époque) puis les DVD et enfin le Blue-Ray, l’ambiance si spéciale des vidéoclubs a marqué plus d’une génération de passionnés de cinéma ou de simples curieux qui venaient déambuler dans les couloirs des magasins de location pour trouver la perle rare à dévorer en même temps que leur plateau-télé. Pourtant, il est terminé le temps où un être humain en chair et en os s’occupait de nous conseiller sur le film du moment. Dorénavant, il faudra nous contenter des algorithmes des plateformes de streaming qui ont récupéré le marché.

Netflix, bien sûr, mais aussi HBO, Disney et bientôt la toute nouvelle plateforme numérique de la Warner ont dématérialisé le cinéma pour en faire un produit disponible à la demande, instantanément. C’est simple, facile, efficace. Rien à regretter ? Pas si sûr. On le sait moins mais la consommation en énergie fossile que demande le streaming sur Internet est très polluant. La crise écologique qui pointe le bout de son nez ne garantit donc de loin pas la pérennité d’un modèle totalement dématérialisé. Comme certains 33 tours aujourd’hui, les VHS et les DVD se vendront donc bientôt à prix d’or aux collectionneurs et aux nostalgiques. On ne va pas se mentir, aucune plateforme n’aura jamais la saveur de l’image brouillée d’un Disney sur une cassette de notre enfance. 

Par Régine Bucher, publié le 16/07/2019

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