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Pas que les océans : les montagnes suisses aussi sont jonchées de déchets

Heureusement, des opérations de nettoyage sont organisées.

#leplastiquenonmerci, une journée France Inter et Konbini le mercredi 5 juin. Enquêtes et reportages pour mettre en lumière les personnalités qui se battent pour changer les comportements.

Selon une étude de l’EPFL sortie en 2018, 50 tonnes de plastique finiraient dans le lac Léman chaque année – et seulement 10 % en ressortiraient par le Rhône. Au total, environ 600 tonnes de déchets sont en train de se décomposer dans les profondeurs du lac. De quoi donner un petit goût de plastique à vos baignades…

D’où viennent ces déchets ? Une bonne partie sont des résidus des pneus des véhicules, et une autre partie vient des montagnes. Oui, oui, des montagnes. L’accumulation des déchets dans les alpages a des conséquences jusque-là. Depuis son lancement, la Summit Foundation lutte contre ces déchets principalement générés par les stations de ski.

On répète sans cesse le message suivant, mais il est toujours aussi fondamental : le mégot de clope ou le mouchoir jeté dans la neige, même s’il est invisible et bien caché dans la poudreuse, a des conséquences très loin des pistes. Olivier Kressmann, le boss de la fondation, vient donc de lancer avec son équipe un nouveau projet, le Clean-Up Tour.

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"Ça fait 19 ans qu’on fait des opérations de ramassage, et on sentait un essoufflement. Alors on a décidé de monter une tournée d’une vingtaine d’actions dans le pays, avec l’aide d’un site Web. Objectif : donner plus de visibilité à ces actions pour augmenter le nombre de participants. Parce que c’est mathématique : un participant ramène en moyenne 3 à 5 kilos de déchets. Avec 200 bénévoles, on peut ramasser en une journée une tonne de déchets !"

Selon l’organisation, ces ramassages ont un impact direct sur la faune et la flore, car les déchets ne finissent pas dans l’eau ou mangés par les animaux. Les ramassages évitent aussi la fragmentation des détritus par frottement, par le Soleil ou par l’eau, ce qui les empêche d’entrer dans la chaîne alimentaire. Enfin, le fait d’avoir des montagnes qui ne ressemblent pas à des poubelles encourage les promeneurs et skieurs suivants à respecter les lieux. C’est un peu comme pour les WC publics : si l’endroit est propre, on aura tendance à le laisser comme tel.

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Des Alpes à la mer de plastique

Et les actions du Clean-Up Tour cartonnent déjà. Des centaines de participants équipés de gants et de sacs se mobilisent dans toutes les stations. Parce que du taf, il y en a. Entre ce que les gens jettent intentionnellement (mégots, emballages, mouchoirs), ce qui est perdu accidentellement (GoPro, skis, smartphones…) et ce qui provient de l’exploitation des domaines (piquets, filets, barbelés…), les déchets sont partout.

"Le plastique est là pour toujours, même si on ne le voit plus. Et comme en Suisse on est dans le château d’eau de l’Europe, on crée aussi ici les microplastiques qu’on retrouve après dans les océans ! On a une part de responsabilité."

Est-ce que cette tâche de nettoyage sera un jour terminée ?

"On ne peut pas dire qu’il y a plus de déchets, mais un changement de style des déchets. Si on découvre moins de décharges sauvages avec des vieux frigos ou des moteurs de voiture, les emballages et le plastique sont en hausse. Quoi qu’il en soit, il y a toujours beaucoup trop de déchets."

Si Olivier Kressmann constate que les jeunes générations sont très sensibles aux problématiques écolos, il pense qu’il est essentiel de ne pas lâcher la pression pour que les habitudes changent. Alors rendez-vous sur le site Internet du Clean-Up Tour pour vous inscrire aux prochaines actions de ramassage. Il reste des places pour les trois opérations organisées à Morgins, Villars et Bellwald, le week-end du 15 et 16 juin. D’autres actions auront lieu tout l’été.

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Par Antoine Multone, publié le 05/06/2019

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