TOPSHOT – A Guatemalan migrant woman, Paola, nurses her baby in “Las Patronas” shelter, an organization that feeds migrants without documents, during their travel through Mexico to US on a train known as “La Bestia” (The Beast), in Las Patronas town, Veracruz State, Mexico on August 10, 2018. – From the south border with Guatemala to the north border with the United States, AFP met during 24 hours migrants in pursue of their “American dream” risking their lives though Mexican territory, who share their journey stories. (Photo by RONALDO SCHEMIDT / AFP) (Photo credit should read RONALDO SCHEMIDT/AFP/Getty Images)

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De Trump à Gaza, les frontières visibles et invisibles du monde exposées à Genève

Une expo qu'un certain dirigeant américain ferait bien de visiter.

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Entre Trump et son projet de mur avec le Mexique, la disparition des douanes entre les États membres de l'Union européenne ou encore le Brexit, il ne se passe plus une semaine sans que la question des frontières et de ses enjeux ne fasse l'actualité. À l'Université de Genève, le département de géographie et environnement a choisi de se pencher sur cette épineuse question à travers une exposition inédite, "Frontières en tous genres".

Des frontières physiques...

Entre autres problématiques, l'exposition aborde dans un premier temps le sujet des frontières entre les pays, celles qui sont si simples à franchir lorsqu'on est en possession d'un passeport suisse, mais plus compliqué lorsqu'on vient de Syrie, par exemple.

Pour Raphaël Pieroni, commissaire de l'exposition, le but des photographies, films, documents et témoignages exposés est de montrer que, loin d'être uniquement naturelles, les frontières sont souvent le résultats de décisions politiques et historiques :

"Le message principal de l'exposition, c'est que les frontières ne séparent pas deux groupes de personnes différentes mais fabriquent les différences et les identités qui sont de part et d'autre de ces frontières."

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... aux frontières invisibles...

Outre celles bien visibles faites de barrières, de barbelés ou d'obstacles naturels, il existe des frontières sociales invisibles qui régissent notre société et notre quotidien. À ce titre, l'exposition s'intéresse aussi aux frontières de genre qui sépare socialement les hommes et les femmes, mais aussi à celles qui séparent les catégories sociales.

Auteur d'un livre sur lequel s'appuie l'exposition, Jean-François Staszak, le géographe français et directeur du département de géographie et environnement, explique :

"Parler de frontières, c'est parler de pouvoir, d'ascendance des uns sur les autres. "

S'intéresser aux frontières, c'est donc aussi chercher à mieux comprendre les disparités et les luttes sociales qui tendent à les réduire ainsi qu'à briser les plafonds de verre et autres discriminations faisant figures de barrières invisibles.

... jusqu'aux toilettes

Accessible à tous, l'exposition se veut ludique et immersive. Chaque recoin regorge d'informations et de fun facts sur les frontière, y compris dans les toilettes. Le petit coin fait partie intégrante de l'exposition puisqu'il constitue une des frontières physiques entre les hommes et les femmes. Ne manquez pas d'y faire un tour au cours de votre visite.

L'exposition "Frontières en tous genres" se tiendra du 8 février au 18 mai 2018, dans le bâtiment Uni Carl Vogt à Genève.

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Par Régine Bucher, publié le 06/02/2019

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