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Rap de Ramallah, noise d'Alep, reggae algérien : le collectif Bisque va régaler Genève

Au menu du collectif Bisque : synthwave et crustacés.

Avis aux adeptes de nuits agitées teintées de découvertes sonores en tout genre : le nouveau venu du milieu alternatif suisse s’appelle Bisque. Histoire d’éviter la confusion, on ne parle pas du fameux potage de langouste, mais d’une organisation créée par Mabrouk Hosni Ibn Aleya et Sophie Betka, tous deux passionnés de sorties nocturnes.

En plus de favoriser les échanges entre musiciens de Genève et d’autres contrées, l’objectif de Bisque est d’organiser des concerts et sessions d’écoute afin de faire découvrir des artistes méconnus. Comme le précise Mabrouk, le projet ne vise pas un public en particulier :

"On cherche à ratisser large. Pour cela, on ne compte pas seulement se limiter aux lieux alternatifs de la ville mais s’ouvrir à d’autres lieux qui brassent un public différent, dans les PMU par exemple. Ou pire : les bars branchés."

Au niveau de l’organisation, la mise en place d’un événement suit à peu près toujours le même processus, dixit Mabrouk :

"Généralement, ça se fait lors d’une session d’écoute où on évite de mélanger les alcools, pour mieux mixer les genres. Quand ça mousse à l’oreille, c’est bon signe et on part sur un projet de line-up. Après, on file faire du tapage nocturne sous la fenêtre des chargés de prog.

S’ils n’appellent pas la police, c’est que la proposition est validée et ensuite on passe à la phase booking. Plus sérieusement, composer avec des artistes peu ou pas connus (qui se demandent parfois s’ils sont eux-mêmes artistes) mais qui regorgent de talent n’offre pas vraiment de contraintes."

© Willy Ténia

La prochaine soirée de Bisque aura lieu au Rez de l’Usine. Portant le sobriquet de "Gazouz" ("soda" en arabe), l’événement devrait s’apparenter à un trip d’initiation à la scène arabe indépendante, comme le souligne Mabrouk :

"Avec des line-up up à cheval entre la musique des quartiers populaires, l’expérimental et l’électronique, l’idée c’est de mettre en avant toutes les nuances de cette scène alternative arabe qui a germé pendant et après la révolution. Il s’agit de lever le voile sur l’ensemble des sous-cultures et des paysages sonores qui meublent les rues de ces villes."

Au programme, Levni, Wahel Alkak, Tropikal Camel/Arabstazy ou encore Missy Ness. Un ensemble entrée/plat/dessert/digestif à découvrir le 29 juin à l’Usine. Deux autres soirées sont déjà sur le feu : le 28 septembre prochain pour les 30 ans de l'Usine et le 28 décembre.

Loin de la soupe mainstream, le collectif Bisque s’évertue à faire découvrir des mets éclectiques aux épicuriens du son, et tout ça sans jamais prendre le bouillon.

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Par François Graz, publié le 24/06/2019

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