featuredImage

Hakuna Matata ! Bluffant, Le Roi Lion tient toutes ses promesses

Le Roi Lion, en salles le 17 juillet est un beau moment de cinéma, de nostalgie et surtout, d'animation.

Parmi tous les remakes en live-action de ses plus grands classiques, Disney vient de placer la barre au plus haut avec son dernier né : Le Roi Lion. Et si pour son Livre de la Jungle, Jon Favreau avait remporté en 2017 l’oscar des Meilleurs effets visuels, nous mettons notre main à couper qu’il en recevra un deuxième, voire davantage.

Une expérience visuelle inoubliable

Avec Le Roi Lion, le réalisateur américain et Disney prennent le parti de tout miser sur la qualité visuelle et le casting, tous deux splendides. En ce sens, l’histoire et le montage restent très fidèles au film original, comme si, très scolaire, l’institution d’animation ne voulait pas prendre de risques avec l’un de ses classiques les plus mythiques. Soit. 

Pour ceux qui auraient manqué à leur devoir enfant, Le Roi Lion c’est l’histoire de la vie. Celle d’un petit lionceau, Simba, qui s’apprête à devenir roi. Sous le regard attentif de sa mère Sarabi, son père Mufasa et son conseiller Zazu, le jeune félin développe son goût pour l’aventure avec sa meilleure amie Nala.

Jaloux de ne pas avoir pu accéder au trône, son oncle Scar et ses fidèles hyènes stupides et boulimiques vont lui tendre un piège. Mufasa trouvera la mort et Simba, s’en sentant responsable, quittera sa tribu. C’est là que le film reprend du poil de la bête, puisque Timon le suricate et Pumbaa le phacochère entrent en fanfare avec pour seul credo : "Hakuna Matata."

Pour honorer la richesse de l’Afrique, l’équipe du film a créé 86 espèces d’animaux, en s’attardant sur des plumes, des fourrures ou des griffes. Bluffants de réalisme, les animaux et les décors résultent d’un mélange de prises de vues réelles et d’outils de réalité virtuelle de pointe.

L’équipe du film n’a pas utilisé la motion capture pour créer les animaux. Aucun humain n’a donc eu besoin d’enregistrer ses positions pour les retoucher par la suite. Les cinéastes se sont déplacés dans les décors, grâce à un casque VR. De l’intérieur, ils ont ainsi chorégraphié les mouvements et ajusté les lumières. Ces nouvelles techniques de cinéma sont inédites. Et c’est le point fort du film. 

Un casting XXL…

Ce remake est avant tout un spectacle visuel inoubliable qui ravira les puristes qui s’étaient, dès la bande-annonce, mis à comparer les images de l’original avec les nouveaux extraits.

La véritable nouveauté donc réside dans le casting : 

Beyoncé prête sa voix à Nala et Donald Glover à Simba. Si l’on a beaucoup parlé de ce duo luxuriant, notamment pour leur nouvelle interprétation des chansons phares, les doublages en version jeune sont encore beaucoup plus marquants. On les cite rarement mais il est injuste de ne pas reconnaître le talent et la pureté des voix du chanteur Jaydon "JD" McCrary et de Shahadi Wright Joseph (l’héroïne de Us). 

… mais pas assez exploité

Un autre acteur qui sort du lot ? Seth Rogen en Pumbaa. Il vole clairement la vedette à Timon qui, plus mignon, émeut moins. L’acteur donne un cœur énorme à cette grosse bestiole, rejeté des autres animaux à cause de son odeur écœurante et son physique disgracieux. Derrière son humour de bon vivant, le personnage instille un discours condamnant la grossophobie, qui fait sortir le personnage du lot. 

Car on pourrait justement reprocher au film des personnages trop lisses, qui n’ont pas su évoluer avec leur temps. Or, quel intérêt, pour un remake, de s’en tenir à un copier-coller ? Vaguement écologique, entre l’apparition d’un bousier et quelques plans de paysages asséchés, ce Roi Lion ne défend pas grand-chose.

A contrario, les derniers Dumbo et Aladdin mettaient en avant des personnages féminins plus forts que dans les classiques d’antan. Dans le premier, la petite fille de Holt Farrier, ex-artiste de cirque, refuse de se plier aux exigences de son père et préfère passer son temps libre à étudier la science plutôt qu’à se donner en spectacle au cirque.

Dans le second, Jasmine n’hésite pas à s’interposer franchement face aux ordres et répète plusieurs fois qu’elle peut diriger un royaume, seule, sans roi. Ici, Nala et ses comparses n’ont pas assez de temps de parole et ne sont pas dotées de comportements très proactifs. Et quand on a le pouvoir de s’offrir Beyoncé, c’est dommage. 

Par Lucille Bion, publié le 11/07/2019

Copié