featuredImage

Les meilleurs films de 2017 selon Xavier Dolan

Une sélection à l’image de son œuvre.

Xavier Dolan dans Les Amours imaginaires. (© MK2 Diffusion)

Pour IndieWire, 42 réalisateurs enthousiastes se sont prêtés au jeu de la rétrospective cinéma de l’année 2017 et ont listé pour l’occasion leurs claques cinématographiques (à noter qu’il s’agit des sorties US et que certains des films mentionnés arriveront dans les salles obscures françaises en début d’année 2018). Parmi eux, le jeune prodige et multirécompensé Xavier Dolan a acéré sa plume et s’est lancé avec une passion irréfrénable dans cet exercice (en commentant en détail chacun de ses choix), qu’il prouve ici maîtriser parfaitement.

Celui qui compte les cultissimes Titanic et Maman j’ai raté l’avion parmi ses références majeures livre ici huit coups de cœur éclectiques, odes à l’amour, à l’enfance et à la différence, parfois sombres et violentes. Des longs-métrages à l’image de son univers complexe, alliant des personnages profonds à une esthétique travaillée.

Assurément, quand Dolan aime (dans le cinéma, pour ce qu’on sait), c’est sans retenue. Et ça fait du bien. Car quoi de plus passionnant, au fond, que les personnes passionnées ?

Call Me By Your Name, de Luca Guadagnino

(© Sony Pictures Releasing France)

"Ça m’a touché en plein cœur, à tel point que, pendant un instant, ça m’a paralysé. Je ne pouvais pas vraiment en parler, même si j’en avais envie. Fondamentalement, ce film m’a aidé à me projeter à travers les personnes dont je suis tombé amoureux par le passé. Des gens que j’ai jugés méchants ou égoïstes. […] J’ai dû repenser mes 20 ans. […]

C’est tellement émouvant de voir une réalisation aussi réussie esthétiquement exposer nos erreurs amoureuses avec une cruelle vérité. Atteindre un contraste si contrôlé est juste magistral et véritablement inspirant."

Call Me By Your Name, dans nos salles le 28 février 2018.

Lady Bird, de Greta Gerwig

(© Universal Pictures International France)

"Existe-t-il quelque chose qui me rende plus heureux que Lady Bird ? Non. La performance de Laurie Metcalf est-elle juste, simple, humaine, maternelle, et poignante ? Je pense que oui ! Tous les décors et costumes dans ce film sont-ils réalistes, inspirés et organisés avec goût et intelligence ? Oui ! Y a-t-il quelque chose sur cette planète qui fasse plus chanter mon cœur que voir Lucas Hedges se faire prendre la main dans le sac en train d’embrasser un autre garçon dans une cabine de toilettes ? Malheureusement pour moi, non."

Lady Bird, dans nos salles le 28 février 2018.

La Forme de l’eau, de Guillermo del Toro

(© 20th Century Fox)

"[…] Comme toujours avec Guillermo del Toro, le monde qui nous est présenté est extrêmement complet, riche et inventif. C’est romantique, mystérieux, poétique et ça sent le sexe ! Ce qui est génial si, comme moi, votre vie sexuelle a pris fin. Comprendre : j’ai commencé à penser aux choses que je pourrais voler à Michael Shannon pour qu’il me poursuive aussi."

La Forme de l’eau, dans nos salles le 21 février 2018.

Mise à mort du cerf sacré, de Yórgos Lánthimos

(© Haut et Court)

"J’aime tout dans Mise à mort du cerf sacré. Je l’ai vu trois fois, ce qui est quelque peu alarmant. […] J’aime les films qui nous stimulent intellectuellement, plutôt que de nous donner toutes les foutues réponses. Vous pouvez rentrer et en parler avec vos amis, ou, si vous l’avez vu seul et êtes déjà à la maison, réfléchir à votre premier meurtre."

Wind River, de Taylor Sheridan

(© Metropolitan FilmExport)

"Je n’avais pas vu un film aussi passionnant et révoltant depuis longtemps. […] L’histoire est déjà tellement puissante – et nécessaire – sur le papier, mais ce sont les performances du cast dans son ensemble et la blancheur immaculée sans merci de l’étendue sauvage qui lui sert de décor, qui offrent à l’œuvre une ampleur exaltante. […]"

Pentagone Papers, de Steven Spielberg

(© Universal Pictures International France)

"Pentagone Papers est un pur divertissement. Quand mes amis et moi l’avons regardé ensemble, nous nous sommes retrouvés à crier et sauter comme des enfants un matin de tempête de neige. […]

Les silences de Meryl Streep, comme sa honte, sont éblouissants. […] Sa modestie fait tout et jette un charme stupéfiant sur toutes ces scènes entièrement masculines. Sa fragilité est rafraîchissante. Elle se réinvente et semble y prendre du plaisir. Et c’est contagieux : on s’amuse aussi.

Une dernière chose, QU’ON VOIE SARAH PAULSON DANS PLUS DE FILMS S’IL VOUS PLAÎT !"

Pentagon Papers, dans nos salles le 24 janvier 2018.

Ça, d’Andrés Muschietti

(© Warner Bros.)

"Je l’aime d’un amour incommensurable, pour l’intelligence et la bienveillance des enfants, pour son humour, pour son atmosphère, et ses standards esthétiques. Mais le seul problème est que je suis maintenant convaincu que Pennywise vit dans mon grenier. Une partie de moi voudrait se concentrer sur l’aspect positif de ce fait (Bill Skarsgård), pourtant ce n’est pas la personne que je visualise quand je me faufile à l’étage, persuadé qu’il attrapera mes chevilles et coupera mes tendons avec un sécateur !"

3 Billboards : Les Panneaux de la vengeance, de Martin McDonagh

3 Billboards: Les Panneaux de la vengeance © 20th Century Fox)

"Est-ce que Frances McDormand est excessivement incroyable dans ce film ? Oui. […] Est-ce que Woody Harrelson et Sam Rockwell sont tout aussi extraordinaires ? Certainement ! Martin McDonagh a-t-il écrit et réalisé ce film à la perfection ? Assurément ! Le ton entre le drame et la comédie se révèle-t-il mystérieusement, étonnamment, inexplicablement, équilibré ? Toujours oui ! Ferai-je à nouveau mention du talent et du charisme de Lucas Hedges ? Probablement !"

3 Billboards: Les Panneaux de la vengeance, dans nos salles le 17 janvier 2018.

Et quelques bonus…

Le réalisateur québécois qui, selon ses dires, "ne sait visiblement pas compter jusqu’à dix", a tenu – après s’être rendu compte d’oublis majeurs – à rectifier le tir sur son compte Twitter. Sa liste s’étoffe ainsi avec quatre nouveaux noms : ceux de Detroit de Kathryn Bigelow, The Big Sick de Michael Showalter, 120 battements par minute de Robin Campillo et Beach Rats d’Eliza Hittman. Le cinéphile s’est enfin excusé de ne pas avoir encore vu certains films prometteurs, tels que Phantom Thread de Paul Thomas Anderson, Seule la Terre de Francis Lee ou Lean on Pete d’Andrew Haigh. On saura lui pardonner.

Par Marie Jaso, publié le 05/01/2018

Copié