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Le showrunner d’X-Files s’obstine à ne s’entourer que d’hommes dans sa writer’s room

Le showrunner d’X-Files s’obstine à ne s’entourer que d’hommes dans sa writer’s room

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Par Delphine Rivet

Publié le

“Vous n’avez pas droit à l’erreur”

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Bien qu’il n’y ait aucun mal à vouloir donner sa chance à des p’tits jeunes qui débutent ou à vouloir apporter un peu de sang neuf à une équipe de vieux briscards – ce qui, objectivement, ferait du bien à la narration plan-plan qu’X-Files a adopté en saison 10 –, rien ne justifie une salle d’écriture 100 % composée d’hommes. Voici la justification peu convaincante de Chris Carter, à qui le site Indiewire demandait, en 2016 déjà, pourquoi il n’invitait pas de nouvelles plumes dans sa salle d’écriture :

“Je crois que ce serait une erreur, parce qu’on veut s’assurer de tenir nos promesses. Vous ne voulez pas tenter le diable. Si ça ne marchait pas, on serait fichu parce qu’il n’y aurait aucun moyen de passer outre si quelqu’un venait à écrire un script raté. L’heure tourne. Le temps s’écoule toujours très vite en télévision. Vous n’avez pas droit à l’erreur. Vous devez coucher votre script sur la page, et vous ne pouvez plus ensuite le corriger en postproduction. Si elle n’est pas là dès le début, c’est dur de corriger l’absence de qualité.”

Chris Carter a l’air d’oublier que le processus de recrutement n’est simple pour personne. Mais il sait aussi très bien que pour accélérer ce dernier, les scénaristes peuvent envoyer des “spec scripts”. C’est un épisode écrit “pour de faux” qui permet au showrunner de voir ce dont le postulant est capable dans le cadre strict de sa série. Personne n’est dupe, M. Carter. Personne ne saurait croire que vous n’avez pas eu le temps de recruter quelqu’un à l’extérieur de votre cercle. Il a choisi des gens proches de lui – pourquoi pas – mais en faisant ça, il n’a pas cherché “le ou la meilleur-e”, mais ceux qu’il avait sous la main. C’est un aveu sacrément gênant tout de même.
Il préfère donc admettre avoir privilégié la facilité, plutôt que de reconnaître une sélection sexiste des membres de sa writer’s room. La série X-Files a-t-elle un genre ? Oui, à en croire son créateur. Et elle s’adresse donc à nous d’une voix toute masculine. On pourrait croire à un simple concours de circonstances : après tout, peut-être a-t-il cherché en vain la parité. Ce serait mal connaître le bonhomme et son sérail.
Pour un rôle de même importance, et au temps d’écran identique, Gillian Anderson, l’interprète de Dana Scully, a mis trois ans à obtenir le même cachet que son partenaire David Duchovny. Le studio exigeait même d’elle qu’elle marche quelques pas derrière sa co-star durant les scènes, histoire de ne pas menacer la masculinité de David Duchovny. Et guess what ? Quand la série est revenue sur le petit écran, après quatorze ans d’interruption, l’actrice a de nouveau dû se battre pour être payée autant. La production lui proposait la moitié. Une raison de plus pour comprendre la nécessité d’embaucher des femmes à tous les échelons de la fabrication des séries, y compris en salle d’écriture.