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Osmosis, le jeu de l’amour sans le hasard

Osmosis, le jeu de l’amour sans le hasard

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Par Thibault Prévost

Publié le

L’amour, l’arbre qui cache l’enfoiré

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Imparfaite mais encourageante

Servie par une réalisation soignée et une idée originale en béton, Osmosis séduit par sa plastique. Le parti pris esthétique fort, les cadres élégants, la photographie soignée et le format compressé en font un objet visuel excitant, curieux et unique en France. C’est peut-être là tout le problème, car pour une série présentée ça et là comme la petite cousine hyperactive de Black Mirror, Utopia, Mr.Robot ou Real Humans, on est encore loin du compte, notamment car les personnages secondaires sont caricaturaux à l’extrême.
Le Julian Assange français parano longe les murs dans son imper à col relevé; la journaliste tenace disparaît “parce qu’elle en savait trop”; la hackeuse, forcément gothique, forcément lesbienne et forcément motarde n’a “pas un mec mais un punching-ball”. Et s’inscrit magnifiquement dans la triste lignée des personnages de hackers marginalisés, perpétuant cette idée poussiéreuse que les talents informatiques sous-entendent obligatoirement la déviance sociale.
Tournée en onze jours avec un budget austère, Osmosis demande évidemment une certaine dose de bienveillance. Oui, la série est imparfaite, mais n’en reste pas moins une excellente nouvelle pour la création gauloise. Ne faisons donc pas la fine bouche et distribuons les encouragements. Plutôt que de s’attarder sur le côté souvent caricatural de ses acteurs, le manque d’épaisseur de ses personnages (à l’exception notable de Thomas Melville, qui porte l’intrigue sur ses larges épaules) ou le côté parfois convenu des dialogues, saluons plutôt le risque pris par Arte de diffuser un prototype de série et la ténacité et l’inventivité des trois créateurs d’Osmosis Gabriel, Louis et William Chiche, qui sont parvenus à leurs fins avec des moyens dérisoires.
Et espérons les retrouver sur un prochain projet, avec un budget plus conséquent et, surtout, plus de temps pour se permettre la méticulosité nécessaire à toute grande série. “En France on n’a pas de pétrole mais on a des idées”, fanfaronnait le gouvernement dans les années 70. C’est aussi vrai, et tout aussi frustrant, dans le monde des web-séries hexagonales.