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Qui était Houssein Miloudi, grand peintre marocain mort hier ?

Publié le

par Konbini avec AFP

Retour sur l’œuvre d’Houssein Miloudi, constellée de signes abstraits et inspirée de l’art rural marocain.

Qui était Houssein Miloudi, grand peintre marocain mort hier ?

© Galerie L’Atelier 21

L’artiste Houssein Miloudi, considéré comme une des figures de la peinture contemporaine marocaine, est décédé hier à l’âge de 77 ans, selon son entourage. Il s’est éteint à l’hôpital militaire de Rabat.

“Ce natif d’Essaouira, à laquelle il est resté attaché toute sa vie, se distingue par une démarche anthropologique et par son haut sens esthétique”, a déclaré à l’AFP Mehdi Qotbi, peintre et président de la Fondation des musées du royaume du Maroc. “Il lègue une œuvre exceptionnelle pétrie de références culturelles vernaculaires revisitant les arts ruraux et la culture populaire du Maroc profond”, a souligné M. Qotbi.

Sa galerie marocaine, L’Atelier 21, a fait part de sa tristesse sur Instagram, louant sa gentillesse, son exigence artistique et sa générosité.

“[…] Nous sommes reconnaissants pour tous les moments partagés avec lui et garderons de Miloudi le souvenir d’une gentillesse constante, d’une générosité spontanée envers ses proches et son exigence stricte en matière d’art.

Considéré comme l’une des figures majeures de la peinture au Maroc et l’un des artistes phares de la ville d’Essaouira à laquelle il est resté attaché toute sa vie, Miloudi laisse derrière lui une œuvre atypique, parmi les plus distinguées dans les arts plastiques au Maroc. L’artiste préparait depuis trois ans une grande exposition à la galerie L’Atelier 21 qui était programmée pour l’été 2023. […]”

Houssein Miloudi a commencé à dessiner dès l’âge de cinq ans. Il a fait partie de l’École de Casablanca, mouvement né aux Beaux-Arts de la grande métropole marocaine, qui a joué un rôle novateur dans l’effervescence artistique et culturelle des années 1960. Cet artiste discret a également été lauréat de l’École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris. Son œuvre fait partie de plusieurs collections au Maroc et à l’étranger.

Il s’est fait connaître notamment par ses toiles constellées de signes abstraits ou figuratifs, s’inspirant des amulettes et de l’art rural marocain mais aussi des artisan·e·s orfèvres de sa ville natale d’Essaouira, sur la côte Atlantique. Usant de différentes matières, inventant “plusieurs solutions graphiques” et alternant les media (comme “les feuilles, les parois, les toiles, et les objets”), il est devenu “maître d’une cryptographie miniaturisée, à la fois très innocente et très troublante”, racontait Toni Maraini en 2003, d’après la galerie.

“Il a raconté la poésie des signes qui précèdent l’écriture, les signes de l’enfance des signes, les symboles d’un passé toujours présent dans la mémoire. Signes que le rêve murmure ou foisonnement tumultueux, on risque parfois de se perdre, on peut y faire naufrage. Mais Miloudi a toujours su trouver le chemin de la rigueur plastique et la beauté de la composition picturale. Poursuivie avec talent visionnaire et passion intériorisée, l’œuvre de Houssein Miloudi occupe une place importante et singulière dans le panorama de la peinture au Maroc”, disait-il de ce grand artiste.

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