Qui est Gérard Garouste, le peintre “intranquille” ?

Qui est Gérard Garouste, le peintre “intranquille” ?

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© Gérard Garouste/Adagp, Paris 2022/Photo : Bertrand Huet/Tutti

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Par Konbini avec AFP

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Mythologie, religion, surréalisme, inconscient et bizarreries se reflètent dans ses œuvres monumentales.

Figure majeure de l’art contemporain, le peintre français Gérard Garouste, 76 ans, connu pour ses tableaux exubérants, jouant avec la mythologie, les religions, les contes et l’inconscient, est l’invité du Centre Pompidou, à l’occasion d’une première rétrospective. Plus de 140 tableaux, dessins et sculptures de cet artiste inclassable, qui se surnomme “l’intranquille”, sont réunis jusqu’au 2 janvier 2023 à l’occasion de prêts issus de collections privées et de grands musées européens.

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À la fois figuratif et surréaliste, Garouste s’est passionné dès l’enfance pour les contes et légendes. “Artiste extrêmement audacieux, il peint comme personne. Son œuvre nous invite à comprendre à quel point nous sommes pétris par les mythes, en nous accordant la liberté nécessaire pour interpréter les choses autrement qu’avec des discours tout faits”, souligne à l’AFP Sophie Duplaix, commissaire de cette rétrospective et conservatrice en cheffe des collections contemporaines du Musée national d’art moderne.

“La peinture de cet artiste virtuose fait réfléchir sans être pour autant intellectuelle. Elle questionne et dérange aussi, tout en étant accessible à tout le monde”, ajoute-t-elle. Parmi les œuvres les plus emblématiques teintées de psychanalyse et présentées au Centre Pompidou : Le Banquet, un impressionnant triptyque formé de grands panneaux inspirés de la culture juive.

L’écrivain Franz Kafka, qui fascine Garouste, est représenté en compagnie d’intellectuels et d’artistes. Mains et corps sont démesurément allongés, les regards et visages comme déformés par un phénomène d’anamorphose. À la fin des années 1970, Garouste a peint de grands panneaux pour décorer le restaurant du Palace, légendaire temple des nuits parisiennes. Malgré la disparition de l’œuvre, le public peut retrouver l’ambiance surréaliste créée par l’artiste à travers des photos.

Après une enfance difficile, Garouste a connu des phases de délire et de profondes dépressions qui lui vaudront des séjours en psychiatrie et un diagnostic, celui de bipolaire. Stabilisé aujourd’hui, l’artiste admet son besoin de paix : “Le seul endroit où je me sens bien est mon atelier au fond de la Normandie”, a-t-il confié en 2021 à l’AFP.

Dans les années 1990, il a créé l’association La Source qui propose des ateliers artistiques à des enfants défavorisés. Son autobiographie, L’Intranquille. Autoportrait d’un fils, d’un peintre, d’un fou, vient d’être rééditée. Après Paris, cette rétrospective devait être présentée en 2023 au Musée Pouchkine de Moscou, une programmation annulée en raison de la guerre en Ukraine.