Quand Paris était un refuge pour les artistes exilés

Quand Paris était un refuge pour les artistes exilés

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© Denise Colomb/Ministère de la Culture/Médiathèque du patrimoine et de la photographie/Dist. RMN–Grand Palais)

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Par Konbini avec AFP

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Paris était une fête aigre-douce pour les artistes migrants.

Malgré les difficultés, Paris fut un refuge pour les artistes étranger·ère·s après la Seconde Guerre mondiale, un rôle mis en lumière par l’exposition “Paris et nulle part ailleurs” au Musée de l’histoire de l’immigration. “Souvent, on connaît très bien les artistes qui étaient déjà à Paris avant la guerre, jusqu’aux années 1940. Beaucoup moins après”, explique à l’AFP le commissaire de l’exposition, Jean-Paul Ameline.

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Vassily Kandinsky ou Marc Chagall sont quelques-uns de ces noms qui se démarquent au milieu des vagues artistiques qui arrivent, ou démarrent, dans la capitale française. Mais, après la guerre, les artistes ont continué à venir, sans cesse. “On pense qu’il y en avait environ 10 000, ce qui est énorme”, renchérit M. Ameline. L’exposition présente 24 artistes emblématiques de cette époque, entre 1945 et 1972.

Parmi ces talents exilés, l’Argentin Antonio Seguí, peintre et sculpteur, qui arrive en France dans les années 1950, repart et décide d’être enterré à sa mort à Arcueil, où il avait son atelier. Ou la Hongroise Judit Reigl, qui débarque à Paris en 1950, après huit tentatives de fuite de son pays. “Cette diversité, finalement, ne s’est pas fondue dans une sorte de deuxième École de Paris unifiée. Au contraire, ces artistes sont allés dans des directions très différentes”, détaille le commissaire de l’exposition.

Julio Le Parc, Cercles polychromes, 1972, Centre national des arts plastiques, en dépôt au Musée d’art et d’histoire, Cholet. (© RMN–Grand Palais/Photo : Gérard Blot/Adagp, Paris, 2022)

“Certains sont des figuratifs, d’autres sont des abstraits purs et durs, et d’autres ont travaillé dans une sorte d’hybridation”, ajoute Jean-Paul Ameline. Tout n’est pas rose pour autant. L’artiste haïtien Hervé Télémaque dénonce ainsi le racisme, dans un tableau de 1967 qu’il peint après avoir lu “À bas les n*gres” dans le métro.

Les artistes exposé·e·s ont été choisi·e·s à partir de leur travail autour du thème de l’immigration, souligne cet ancien conservateur en chef au Centre Pompidou. “Ils sont plutôt bien vus à l’arrivée. On les laisse travailler, ce qui ne veut pas dire qu’ils se mettent à vendre immédiatement”, précise-t-il. L’exposition, avec une centaine d’œuvres, restera ouverte jusqu’au 22 janvier 2023.