Pourquoi certains musées marseillais ont-ils été sévèrement épinglés ?

Pourquoi certains musées marseillais ont-ils été sévèrement épinglés ?

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© Juliette Contin/Unsplash

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Par Konbini avec AFP

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La Chambre régionale des comptes dresse un constat sévère.

Des musées sans stratégie, des services publics « insuffisants » avec une fréquentation faible et des coûts opaques : la Chambre régionale des comptes dresse un constat sévère de la gestion des musées municipaux marseillais.

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Le rapport, daté de décembre 2021, a tardé à être dévoilé en raison de la longue période de réserve électorale début 2022. Révélé dans son intégralité par le média d’investigation local Marsactu, ce rapport accablant épluche la situation des onze musées municipaux, de la période « 2012 et suivants », et concerne donc essentiellement la précédente majorité du LR (Les Républicains) Jean-Claude Gaudin, resté aux commandes de la deuxième ville de France entre 1995 et 2020.

« Si des initiatives et des chantiers ont été lancés depuis quelques années, […] le chemin à parcourir est encore long pour mettre en œuvre les réformes indispensables à un meilleur service rendu aux usagers », résume la cour régionale des comptes Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Les multiples rénovations n’ont pas permis d’« en faire des établissements modernes » : ils ne proposent pas d’audioguides et la médiation écrite n’existe pas en anglais. La fréquentation, elle, « reste faible », notamment pour les collections permanentes dont les visites sont devenues gratuites sous la nouvelle majorité de gauche du Printemps marseillais.

Alors que la cour régionale des comptes recommande de « définir des objectifs clairs pour les musées, assortis de moyens, de calendriers de mise en œuvre et d’indicateurs d’évaluation », l’adjoint à la Culture de la mairie de Marseille, Jean-Marc Coppola, a assuré en conseil municipal qu’« un projet scientifique et culturel devrait être présenté au plus tard au printemps 2023 ». L’élu a également affirmé que la municipalité a déjà débuté « un travail en profondeur », blâmant « le lourd fardeau laissé par [ses] prédécesseurs » et « l’incurie de la gestion » de ces derniers.

Autres points importants soulignés par la Cour des comptes dans son rapport : les coûts de chaque établissement « ne sont pas identifiables, ce qui empêche toute action de contrôle de gestion ». Des réductions de coûts sont « possibles », selon la Chambre, comme sur la vente d’ouvrages liés aux expositions qui sont restés invendus à plus de 90 %, avec plus de 100 000 ouvrages et catalogues invendus stockés.

Enfin, la cour estime que l’administration dédiée au musée est « au service des agents davantage que des publics » et relève notamment un « niveau d’absentéisme très élevé ». À l’été 2021, en pleine période de réouverture des lieux culturels post-Covid, des fermetures chroniques avaient, par exemple, perturbé la reprise dans les musées marseillais.

S’il a reconnu « critiquable la gestion [faite] des personnels », M. Coppola a néanmoins souligné « ne [pas du tout critiquer] les personnels qui parfois n’ont pas eu toutes les formations pour accueillir dans les meilleures conditions » le public. Dans un courrier de réponse daté du 9 février 2022, le maire socialiste Benoît Payan a reconnu des « difficultés importantes en matière de stratégie, pilotage, gestion des ressources humaines » et promis que « la Ville cherche et cherchera à améliorer le service public ».