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Les Journées du patrimoine ou… du matrimoine ?

Publié le

par Konbini avec AFP

"Les femmes ont été effacées de l’Histoire."

Les Journées du patrimoine ou… du matrimoine ?

© Pauline Loroy/Unsplash

La 39e édition des Journées européennes du patrimoine, qui se tiendra ce week-end, est aussi l’occasion de faire découvrir au public des artistes femmes parfois méconnues, une initiative suivie par de plus en plus de villes.

“Les femmes ont été effacées de l’Histoire”, affirme à l’AFP Marie Guérini, secrétaire générale en Île-de-France de l’association HF, qui promeut l’égalité femmes-hommes dans les arts et la culture, pour expliquer cette initiative.

Des Journées européennes du patrimoine… et du matrimoine.

L’idée a été lancée en 2015 par le collectif regroupant les associations HF en France. D’abord concentrée dans quelques villes comme Toulouse et Tours, elle a depuis fait tache d’huile à Lyon, Marseille ou Lille. En sept ans, ce sont 400 femmes qui ont ainsi été mises en avant, selon le collectif. Rouen et Rennes ont rebaptisé cette année leurs Journées du patrimoine en Journées du matrimoine et du patrimoine, un pas déjà franchi par Nantes en 2021.

Même si la ville de Paris est partenaire de l’initiative en Île-de-France, la mairie n’a en revanche pas modifié l’appellation qu’elle donne à la manifestation. “Paris est ancrée en Europe, ce sont les Journées européennes du patrimoine, donc ce n’est pas possible de rajouter matrimoine”, souligne Marie Guérini. Des initiatives similaires fleurissent toutefois en Europe : Liège, Bruxelles ou encore Florence ont ainsi depuis quelques années leurs Journées du matrimoine.

Faire revivre les artistes oubliées

Balades de quartier théâtralisées, poèmes déclamés ou encore musiques interprétées : “Les rendez-vous des Journées du matrimoine sont bien plus vivants que ceux du patrimoine”, selon Marie Guérini. “On essaye de redonner vie aux créatrices du passé invisibilisées depuis des siècles. Les poétesses, on va les lire ; les compositrices, on va les jouer” et les peintres femmes, “on va les mettre en scène”, explique-t-elle.

Pour cette édition, HF Île-de-France a par exemple décidé de mettre à l’honneur une peintre franco-espagnole du milieu du XXe siècle, Roberta Gonzalez, dans une visite scénarisée à l’espace Antoinette-Fouque à Paris. Le public pourra aussi profiter à Paris d’une promenade littéraire sur les traces de la poétesse Marceline Desbordes-Valmore, d’une projection sur la chorégraphe Janine Solane ou encore d’une visite contée sur les dernières tenancières de salons à Paris. Au total, plus de 40 événements gratuits ont lieu ce week-end en Île-de-France.

Les figures locales à l’honneur

À Lyon, la compagnie de théâtre Cybèle propose de déambuler dans les rues à la rencontre des “Lyonnaises inconnues” : des femmes de la Révolution jusqu’au premier lycée pour jeunes filles de la ville. Dans le centre-ville de Strasbourg, une promenade est organisée pour découvrir des femmes alsaciennes peu connues.

Au travers de cette visite guidée, le public marchera sur les pas d’Adélaïde Hautval, “Juste parmi les nations”, de Louise Scheppler, inventrice de l’école maternelle, ou encore de la vulcanologue Katia Krafft, tuée par une nuée ardente en 1991.

Rennes, de son côté, propose une balade à vélo pour admirer des bâtiments conçus par des femmes comme celui du Fonds régional d’art contemporain, dessiné par Odile Decq. Une première pour la ville bretonne, qui a déjà fait le plein puisque toutes les visites sont complètes.

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