Dans les années 1990, la photographe britannique Jane Hilton se trouvait à Las Vegas où elle photographiait une centaine de couples prêts à se marier dans les célèbres chapelles du Nevada. À l’époque, cette industrie du mariage rapide propre au désert de la côte ouest était « en plein boom », se remémore l’artiste. « J’adorais le kitsch de l’intérieur des chapelles et la façon dont elles incarnaient un sens du fun et de l’amusement lié à cette culture du mariage dans l’esprit McDonald’s. »
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En cette période de pandémie, il est apparu opportun à Jane Hilton d’exposer à nouveau cette série en Grande-Bretagne, après avoir vu son dernier projet en date – sur la vie de drag-queens dans le Nevada – tomber à l’eau lors du premier confinement d’avril 2020.
Prises il y a trente ans, les images représentent pour Jane Hilton « une certaine nostalgie et un désir de revenir à une époque précédant les attentats du 11-septembre, la crise financière de 2008, le Brexit et notre situation actuelle ».
« En plus d’invoquer un regard vers le passé et des interrogations quant au futur, [ces images] semblent presque inquiétantes. Elles sont porteuses d’une certaine tension, d’un malaise, d’un silence retentissant. Comme un écho à ces 18 derniers mois régis par l’anxiété. »
On pourrait effectivement croire que ces chapelles, vidées de leurs foules impatientes, ont été immortalisées cette dernière année. Bien qu’infusée d’une tension presque surnaturelle, la série a quelque chose de rassurant : cinématographiques et immaculés, les intérieurs ne bougent pas, malgré les années qui passent et les couples qui défilent, éphémères ou éternels.
L’exposition « For Better or Worse » est visible à la galerie britannique Solaris jusqu’au 31 juillet 2021. Vous pouvez retrouver le travail de Jane Hilton sur son site.












