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Les 10 expos à ne pas rater en France cet été

Publié le

par Donnia Ghezlane-Lala

Au programme : des installations impressionnantes, de l’art panafricain, des mèmes et des expos photo à visiter sous le soleil du Sud de la France.

Les 10 expos à ne pas rater en France cet été

© James Barnor ; © Berlinde De Bruyckere/Photo : Shaun Mader/Patrick McMullan/Getty Images

Chaque mois, nous passons en revue les événements artistiques de notre beau pays, la France, afin de vous proposer la crème de la crème des expositions. Et cet été, vous aurez droit au soleil arlésien, à un “Voyage à Nantes”, à des “vagins ailés”, à des “peintures à vivre”, à de l’art panafricain, à des sculptures monumentales ainsi qu’à une belle collection de mèmes. Voici dix expositions à ne pas rater cet été.

Les Rencontres photographiques d’Arles

Pour sa 53e édition, le festival des Rencontres d’Arles veut “rendre visible l’invisible”. Que ce soit à travers des œuvres qui sortent des sentiers battus photographiques ou à travers des figures méconnues, une quarantaine d’expositions disséminées dans toute la ville répondront à cette problématique.

Chapeaux Pidoux (avec marque de recadrage originale de Vogue Studio), Londres, Angleterre, 1939. (© Lee Miller/Lee Miller Archives)

Parmi nos expositions coups de cœur, figurent la rétrospective de Lee Miller, les images de Sathish Kumar qui est retourné dans son village natal indien, les “photosynthèses” maniaques de Barbara Iweins qui a inventorié les nombreux objets de sa maison, les projets décoloniaux de Croisière et celui de Julia Gat sur sa famille, la neige dans l’objectif de Klavdij Sluban, ainsi que les photos de nuages et de cloud au Monoprix.

L’exposition collective à l’Église des Frères Prêcheurs a su nous toucher avec le projet poignant de Mika Sperling qui raconte l’inceste qu’elle a subi, celui de Daniel Jack Lyons qui a documenté la jeunesse trans et queer d’Amazonie, la série profonde de Gal Cipreste Marinelli et Rodrigo Masina Pinheiro sur leur transidentité et celle de Rahim Fortune sur le deuil de son père.

Sophia Salomon, fille du propriétaire de James Barnor, Accra, circa 1972. (© James Barnor)

N’hésitez pas à passer à la Fondation Luma pour voir l’exposition monumentale d’Arthur Jafa autour de l’identité noire et du suprémacisme blanc, les clichés du photographe ghanéen James Barnor ainsi que le focus sur l’avant-garde féministe à la Mécanique Générale.

Jusqu’au 25 septembre 2022.

“Regards du Grand Paris”, à Paris et sa banlieue

Nés d’une collaboration entre les Ateliers Médicis, le Centre national des arts plastiques, les Magasins généraux, la Société du Grand Paris et le musée Carnavalet, les 35 projets des lauréat·e·s de cette commande photographique ont enfin été révélés au grand public. Ils seront exposés aux Magasins généraux à Pantin, au musée Carnavalet à Paris et dans de nombreux lieux publics et extérieurs du Grand Paris.

“Des réalités sociales et politiques se rencontrent et dialoguent en images, au cœur d’un territoire monde et sous le ciel millénaire de Paris et de ses alentours”, informe le communiqué de presse. Les thèmes de ces projets tournent donc autour de la ville, de la rue et invitent le public à “découvrir les paysages en mouvement et les vies de celles et ceux qui les habitent”.

Jusqu’au 23 octobre 2022.

Le Voyage à Nantes

Chaque été, les rues, les institutions et les galeries nantaises se préparent à accueillir “Le Voyage” et ses installations impressionnantes dans un parcours artistique toujours plus étonnant. Cette année, de nombreux nouveaux lieux ont été inaugurés.

Au programme, pour cette onzième édition : façades chromatiques, décors théâtraux et biches en verre dans un cimetière… Les photos des traditions de divinités et mascarades indiennes de Charles Fréger sont exposées au Château des ducs de Bretagne. N’hésitez pas à faire un tour à la galerie Hab pour “plonger et puiser” dans les sculptures drapées de Michael Beutler.

Jusqu’au 11 septembre 2022.

Les œuvres intrigantes d’Annette Messager au LaM de Villeneuve-d’Ascq

Utérus doigt d’honneur et vagin ailé. Voilà des œuvres aux titres bien truculents. Il s’agit du travail d’Annette Messager, plasticienne française dont les installations monumentales brouillent les frontières entre réalité et fiction.

Annette Messager, Daily, 2015-2016. (© Atelier Annette Messager/Courtesy Marian Goodman Gallery/Adagp, Paris, 2022)

Le LaM revient sur sa carrière dans une vaste exposition mêlant dessins, sculptures inédites et cabinets de curiosités et d’injures à destination des hommes. Sa pratique explore le corps, la maladie, la mort et la place de la femme dans la société à travers des objets du quotidien comme des cintres, des ciseaux, des peignes ou des peluches. Pour Annette Messager, l’incroyable réside dans le banal.

Jusqu’au 21 août 2022.

L’art panafricain célébré au MAMC+ de Saint-Étienne

Le Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne présente l’exposition collective “GLOBALISTO. Une philosophie en mouvement” qui réunit une vingtaine d’artistes originaires du continent africain ou vivant là-bas, tou·te·s inspiré·e·s par ce proverbe de l’écrivain nigérian Chinua Achebe : “Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, l’histoire de la chasse glorifiera toujours le chasseur.”

Sous le commissariat de l’artiste sud-africain Mo Laudi, l’événement “prend pour point de départ une nouvelle philosophie, inspirée par les principes humanistes du Botho, basée sur la culture sud-africaine du respect, de l’hospitalité et sur l’idée d’un monde sans frontières”.

Sammy Baloji, Marie Aimée Fattouche, Sam Gilliam, Sara Sadik, Lubaina Himid, Arthur Jafa, Euridice Zaituna Kala, Otobong Nkanga… Ces artistes, philosophes, poètes et activistes de différentes générations exposent des films, des œuvres textiles, des peintures, des installations, des céramiques, des photographies, des sculptures et des performances, qui inventent “de nouveaux mondes, remettant en question le statu quo et [qui critiquent] les systèmes de pouvoir, la biopolitique et l’exploitation multidimensionnelle des ressources”.

Jusqu’au 16 octobre 2022.

Les œuvres interlopes de Berlinde de Bruyckere au MO.CO., à Montpellier

La plasticienne belge Berlinde De Bruyckere est mise à l’honneur au MO.CO. dans ce qui semble être à ce jour la plus ambitieuse exposition sur son œuvre. Ainsi, une cinquantaine de ses travaux artistiques “réalisés entre 1999 et 2022”, dont six créations inédites, est exposée. Sculptures, installations, dessins, aquarelles et collages… L’ensemble des espaces est investi par des œuvres touchant à différents media et matériaux comme la cire, le tissu et la peau animale.

Largement inspirée par la peinture de la Renaissance flamande, l’iconographie religieuse et la mythologie antique, l’artiste explore ici ses thèmes de prédilection, à savoir : le martyre, l’humain, l’hybride, le végétal, l’animal, le travail, la rédemption, l’érotisme et la métamorphose.

Jusqu’au 2 octobre 2022.

La “peinture à vivre” des “modern lovers” Karina Bisch et Nicolas Chardon au MAC VAL, à Vitry-sur-Seine

“Il sera question d’amours, de modernité et de rock’n’roll”, promet le MAC VAL dans son exposition “Modern Lovers”, qui prend la forme d’un pavillon célébrant le travail des peintres Karina Bisch et Nicolas Chardon, en couple depuis “leur rencontre au lycée en 1990”.

Collaborant parfois à quatre mains, le duo est ici exposé l’un en regard de l’autre. L’œuvre de Karina Bisch prolifère de couleurs et de motifs tandis que celle de Nicolas Chardon marque par sa sobriété, son noir et blanc et ses angles carrés. “Les notions de reprises, de collages, de disjonctions, de fait main nourrissent, entre autres, ces entreprises de déconstructions picturales”, écrit le musée.

Leurs influences tout droit sorties de l’avant-garde utopiste du XXe siècle, à l’instar du Futurisme, du Bauhaus, du Suprématisme, du Dada, leur servent à dépeindre “‘une peinture à vivre’ savante et burlesque” et à “habiter le monde”.

Jusqu’au 28 août 2022

Des histoires de réfugié·e·s recueillies par Mathieu Pernot au Mucem, à Marseille

Le Mucem présente un travail au long cours de Mathieu Pernot, racontant les parcours de personnes réfugiées, de Mossoul à Alep, en passant par la “jungle de Calais”. Après douze ans passés auprès de celles et ceux qui ont quitté leur pays pour survivre, le photographe français souhaite raconter l’exil différemment, et surtout à travers la voix des concerné·e·s.

Réfugiée congolaise, Lesbos, Grèce, 2020. (© Mathieu Pernot)

“J’ai eu l’envie de construire une iconographie qui se ferait avec [les migrants], de faire en sorte qu’ils ne subissent pas l’image faite par d’autres”, explique l’artiste au Mucem. À travers onze parties, son “Atlas en mouvement” se fait l’écrin d’objets, de vidéos, de photos et de textes pour conter les histoires intimes et souvent douloureuses du déracinement.

Jusqu’au 9 octobre 2022.

Les peintures abstraites de Sally Gabori à la Fondation Cartier, à Paris

De son exil forcé à sa carrière tardive, la grande rétrospective de la Fondation Cartier revient sur la vie et l’œuvre de l’artiste aborigène australienne Sally Gabori, ou plutôt Mirdidingkingathi Juwarnda Sally Gabori, de son nom complet. Une trentaine de toiles est exposée dans les grands espaces lumineux du lieu culturel parisien.

Disparue en 2015 et ayant commencé la peinture à plus de 80 ans, Sally Gabori étonne par son style abstrait et coloré. Ses tableaux racontent son île et ses paysages, ses combats et son peuple kaiadilt. Exilée, elle n’a eu de cesse de dépeindre – parfois de manière monumentale – ses souvenirs et réminiscences : les couleurs, les sensations, les formes de son village natal.

Sally Gabori, centre d’art et d’artisanat de l’île Mornington, 2008-2012. (© Inge Cooper/The Estate of Sally Gabori)

Jusqu’au 6 novembre 2022.

Le mème dans tous ses états à la Villa Arson de Nice

“Quand on descend aux enfers, on a toujours besoin d’un guide. Nous voici donc en train de vous tendre la main gauche et de vous inviter à parcourir le mur sur lequel nous avons recueilli d’innombrables petits fragments de l’inconscient d’Internet : la preuve irréfutable de notre passage dans les mers insondables de la mèmesphère.” C’est ainsi que le collectif d’artistes italien Clusterduck introduit son exposition “Meme Manifesto” à la Villa Arson niçoise.

Sous la forme d’une installation vidéo interactive reprenant les codes des “murs de détective”, le collectif présente une collection de mèmes absurdes, drôles, tristes, intrigants qui hantent la Toile. Cette œuvre permet, à sa manière, de cartographier l’Internet par ordre thématique et chronologique, en dix parties, invitant le public “au cœur d’un voyage dans l’inconscient collectif d’Internet et de ses représentations”.

“Le mème est toujours pluriel, jamais singulier. Il est vécu dans un contexte, il est apprécié en clusters ; son existence même n’est par définition possible que comme une variante d’autres mèmes et comme le résultat d’une interaction – ne serait-ce qu’entre deux utilisateurs”, ajoute le collectif qui explore les dimensions sociales, politiques et esthétiques du mème, érigé ici en agent principal de notre vie virtuelle.

Jusqu’au 28 août 2022.

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