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La vie dans les relais routiers documentée par Guillaume Blot

Publié le , modifié le

Par Pauline Allione

Poulet rôti et détails kitsch : au bord des nationales, ces enseignes prisées des conducteurs de poids lourds renferment une ambiance chaleureuse et des histoires riches.

La vie dans les relais routiers documentée par Guillaume Blot

© Guillaume Blot

“4 500 dans les années 1970 en France, 800 aujourd’hui : les relais routiers franchisés semblent difficilement se maintenir dans la catégorie ‘poids lourds’.” C’est par ce constat que le photographe Guillaume Blot commence par présenter sa série Routiers, initialement commandée pour le livre Cantine Générale qui décrypte la diversité des plateaux de cantines, du réfectoire de l’école au self d’entreprise.
À bord de sa “Blotmobile”, le Français est parti à la rencontre des personnes qui continuent de faire vivre les enseignes restantes : patron·nes de restaurants, conducteur·rice·s de poids lourds (même s’ils sont en très grande majorité des hommes) ; client·e·s… 

Un menu pour moins de 15 euros

Ses images rendent compte d’une foule de détails qui participent à l’identité des relais routiers : une plaque d’immatriculation kitsch à l’effigie d’Elvis Presley, des enseignes jaunies par le temps, un set de table bourré de publicités locales et bien sûr, des menus du jour à un prix très abordable. Car c’est bien là l’une des principales qualités des relais routiers : une formule entrée-plat-dessert simple mais efficace, qui remplit le ventre avant de reprendre le volant.

Caboulot, Coumier-Le-Sec, “Routiers”. (© Guillaume Blot)

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Au cœur de cette atmosphère à la fois communautaire et chaleureuse, Guillaume Blot a rencontré nombre de personnes aux parcours de vie singuliers et immortalisé le tissu social qui prend forme dans ces enseignes.

“Je n’étais pas vraiment familier de ce genre de lieu, à part un que je frôlais en voiture quand j’étais plus jeune. C’est plutôt intimidant de l’extérieur, on se dit qu’il faut être routier·ère pour pouvoir y manger.
J’ai passé le pas de la porte pour la série photo, et j’y ai découvert des personnalités belles, fortes et attachantes. Des personnes avenantes, parfois intriguées de l’appareil photo et du fait qu’on s’intéresse à elles, prenant plaisir à parler de leur métier et des autres relais routiers”, raconte le photographe.

Chez Agnès, Crépy-en-Valois, “Routiers”. (© Guillaume Blot)

Du repos et des vies qui se croisent

Pendant la pandémie de Covid-19, Isabelle et Bernard, le couple qui tient Le Caboulot 21 à Coulmier-Le-Sec a ainsi monté une tente dans laquelle il servait du café à volonté à celles et ceux qui passaient par là. Les partenaires ont également mis une douche à disposition des routier·ère·s.
“J’y ai passé une nuit en 2020”, raconte Guillaume Blot. “J’y ai croisé une mère et son père âgé venu dîner et qui a mangé pour la première fois de sa vie un hamburger. Et pour l’anniversaire de Bernard, un copain routier a fait un détour de 200 kilomètres avec sa femme”.

Relais de la Frite, Giens, “Routiers”. (© Guillaume Blot)

Ou il y a encore l’histoire de Jean-Paul, propriétaire du Four À Bois à Arcy-Sur-Cure : ex-boucher, ex-parachutiste et grand collectionneur de Johnny, il aime voir ses client·e·s se restaurer autour de pièces de viande, et en a un jour écoulé quelque 177 kilos en une journée.
En images et en douceur, Routiers témoigne du quotidien de celles et ceux qui gravitent autour des relais routiers, et de l’histoire culturelle de ces lieux. Une histoire qui s’écrit en marge des zones urbaines, sur le bord des nationales et départementales.

Le Relais de la Garde, Droiturier, “Routiers”. (© Guillaume Blot)

Les Ombrelles, Montrond-Les-Bains, “Routiers”. (© Guillaume Blot)

Le Caboulot 21, Coumier-Le-Sec, “Routiers”. (© Guillaume Blot)