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La faune en folie de Rosa Bonheur envahit Paris dans une exposition massive

Publié le , modifié le

Par Pauline Allione

Peintures, sculptures, études : les compagnons à poils de la célèbre peintre animalière sont représentés sous toutes les coutures.

La faune en folie de Rosa Bonheur envahit Paris dans une exposition massive

© Édouard-Louis Dubufe et Rosa Bonheur/RMN–Grand Palais (Château de Versailles)/Photo : Gérard Blot ; © Rosa Bonheur/Nationalmuseum Stockholm/Photo : Erik Cornelius

200 ans après la naissance de Rosa Bonheur, le musée d’Orsay et le musée des Beaux-Arts de Bordeaux, ville dans laquelle elle est née, s’associent pour proposer une rétrospective monumentale, à l’image de l’œuvre de la célèbre peintre. Jusqu’au 15 janvier 2023, le musée parisien a fait une place à la foule d’animaux que l’artiste côtoyait quotidiennement et réunit pas moins de 200 de ses œuvres au sein de l’exposition “Rosa Bonheur (1822 – 1899)“.

Née dans une famille d’artistes, Rosa Bonheur (née Marie-Rosalie Bonheur) a très vite été repérée pour ses toiles aussi minutieuses qu’expressives. Elle commence à peindre à 13 ans et se prend de fascination pour le vivant et tout particulièrement les animaux, qu’elle côtoie tout au long de sa vie.

Si ses Deux lapins sont remarqués lors de sa première exposition au Salon de peinture et de sculpture en 1842, l’artiste bordelaise peint ensuite toutes sortes de mammifères : vaches, lions, cerfs, renards, moutons, chevaux… Autant d’animaux qu’elle représente sur des toiles monumentales, dans des ouvrages, des revues, et même en 3D avec des sculptures.

Rosa Bonheur, Deux lapins, 1840, Bordeaux, musée des Beaux-Arts, legs de François Auguste Hippolyte Peyrol, 1930. (© Mairie de Bordeaux, musée des Beaux-Arts/Photo : © F. Deval)

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Les animaux sous toutes leurs coutures

En quête perpétuelle de perfectionnement, Rosa Bonheur passe des heures à observer la faune et la flore, à étudier l’anatomie des animaux, leurs postures et leur psychologie. Elle part à la rencontre de ses sujets en Auvergne, dans le Nivernais, les Pyrénées, en Écosse et côtoie quotidiennement des dizaines d’espèces différentes, dont des cerfs et des lions, dans le terrain du château de By, en Seine-et-Marne, où elle vit.

Sous son pinceau, les pelages de ses animaux sont soyeux, leurs pattes minutieusement dépeintes et leur regard toujours très expressif. Fascinée par les grands espaces de l’Ouest états-unien, l’artiste rencontrera, plus tard dans sa carrière, Buffalo Bill et les acteurs Sioux Lakotas du Wild West Show, qu’elle s’attachera également à représenter sur des toiles.

Rosa Bonheur, Labourage nivernais, dit aussi Le Sombrage, 1849, Paris, musée d’Orsay. (© Musée d’Orsay, Dist. RMN – Grand Palais/Photo : Patrice Schmidt)

Figure d’indépendance et icône LGBTQ+

Outre son œuvre abondante impressionnante, Rosa Bonheur est également devenue une icône lesbienne. Née en 1822, la peintre rencontre Nathalie Micas, qui deviendra sa compagne, à l’âge de 14 ans. Après la mort de celle-ci et plus de 50 ans de vie commune, elle partage sa vie avec Anna Klumpke, une peintre états-unienne de 34 ans sa cadette. Toutes les trois sont aujourd’hui enterrées ensemble, au cimetière du Père-Lachaise, à Paris.

Figure indépendante, elle devint propriétaire de son château en Seine-et-Marne grâce aux revenus qu’elle percevait de son travail artistique. Aimant porter le pantalon au quotidien, Rosa Bonheur renouvelait tous les six mois sa “permission de travestissement” auprès de la préfecture, dans le cadre d’une loi de 1800 interdisant aux femmes le port de cet habit sans en avoir la stricte autorisation.

L’exposition que lui consacre le musée d’Orsay donne une vue d’ensemble sur l’œuvre de la peintre, sans oublier de souligner son indépendance dans un siècle qui ne laissait que peu de place aux femmes artistes. Célèbre internationalement dès son vivant, Rosa Bonheur est rapidement indépendante économiquement et moralement grâce à ses toiles et est la première à recevoir la Légion d’honneur, en 1856. 200 ans plus tard, le parcours hors du commun de Rosa Bonheur, comme sa sensibilité au vivant, résonnent toujours dans notre société contemporaine.

Édouard-Louis Dubufe et Rosa Bonheur, Portrait de Rosa Bonheur, 1857, dépôt au Musée du château de Versailles. (© RMN–Grand Palais (Château de Versailles)/Photo : Gérard Blot)

Rosa Bonheur, Tête de chien, 1869, Bordeaux, musée des Beaux-Arts. (© Mairie de Bordeaux, musée des Beaux-Arts/Photo : F. Deval)

Rosa Bonheur, Étude de cheval blanc de dos, musée départemental des peintres de Barbizon, en dépôt à By-Thomery, château de Rosa Bonheur. (© Musée d’Orsay/Photo : Alexis Brandt)

Rosa Bonheur, Chat sauvage, 1850, Suède, Stockholm, Nationalmuseum, don d’Arvid Kellgren, 1932. (© Nationalmuseum Stockholm/Photo : Erik Cornelius)

“Rosa Bonheur (1822 – 1899)” est visible au musée d’Orsay jusqu’au 15 janvier 2023.

Konbini arts, partenaire du musée d’Orsay.