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Elle a photographié Naomi Campbell, Kate Moss et YSL : la grande Roxanne Lowit est morte

Publié le

par Lise Lanot

Aussi "discrète qu’un chat", elle courait les soirées avant-gardistes et les défilés pour documenter les coulisses du monde de la mode et de l’art.

Elle a photographié Naomi Campbell, Kate Moss et YSL : la grande Roxanne Lowit est morte

© Steve Eichner/Getty Images

Elle a immortalisé les mannequins Naomi Campbell, Linda Evangelista, Christy Turlington et Kate Moss. Elle a documenté les folles mondanités d’artistes phares des années 1960 à 1990, tel·le·s que Grace Jones, Jean-Michel Basquiat, Salvador Dalí, Madonna ou Cher. Elle s’est liée avec le couturier Yves Saint Laurent, capturant de l’intérieur ses défilés, ses soirées et ses “muses”, raconte Vogue.

Elle, c’était Roxanne Lowit, photographe s’étant taillé une place de choix dans la mode du tournant du XXe siècle. Décédée ce mardi 13 septembre, l’États-Unienne fut l’une des premières femmes à pénétrer les coulisses des défilés et à les photographier avec un female gaze. On la décrivait comme un chat”, “jamais imposante”, “son œil acéré capable de capturer les situations les plus secrètes, les mystères les plus cachés”.

Sa rencontre avec la photographie s’est faite par le biais de la peinture. À l’adolescence, elle se prend de passion pour Matisse et Picasso, avant de devenir peintre sur textile. Rapidement, cette carrière lui donne envie de “peindre des portraits”. “C’est une des raisons pour lesquelles j’ai acheté un appareil, pour photographier mes amis et peindre leur photo. Mais une fois que j’ai eu les photos entre les mains, j’ai décidé de zapper la peinture”, relatait-elle pour Friends From New York en décembre 2020.

“Au bon endroit, au bon moment”

En plus de portraits, Roxanne Lowit photographie ses “textiles transformés en vêtements” : “J’allais aux défilés et prenais les vêtements en photo.” C’est ainsi que, tout naturellement, grâce aux contacts qu’elle se fait en courant les soirées new-yorkaises, elle commence à publier dans des magazines et devient une figure incontournable de la scène arty des années 1960. “J’ai démissionné de l’usine textile et suis devenue photographe indépendante. La meilleure décision que j’ai jamais prise.”

Souvent fourrée dans les clubs avant-gardistes de sa ville natale (Indochine, le Studio 54, l’Odeon), elle garde son appareil vissé à son œil : “J’étais là au bon endroit, au bon moment, avec mon appareil sur moi. C’était comme ma carte bleue, je ne quittais pas ma maison sans.” Dans une vidéo tournée pour W Magazine en 2015, elle rappelait son amour et sa faculté à passer “des grandes scènes aux coulisses”.

En annonçant sa disparition, ses proches ont honoré “un esprit vif et créatif” qui “croyait en la magie”, une “photographe légendaire qui a offert un regard intime dans le monde de la mode et nous a montré un côté de la vie nocturne inaccessible à la plupart des gens”. Ses images lui survivent dans de nombreux ouvrages (consacrés à Yves Saint Laurent, par exemple) et publications – Vanity Fair, Elle, Glamour en tête.

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