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Avec ses photos sensuelles, Hanne Zaruma déjoue le romantisme 2.0

Publié le

par Pauline Allione

Langue USB, boucle d’oreille-truelle pour étaler son fond de teint… Passée pro dans le détournement, l’artiste ukrainienne Hanne Zaruma crée un univers déroutant et cru.

Avec ses photos sensuelles, Hanne Zaruma déjoue le romantisme 2.0

© Hanne Zaruma

Escarpins-menottes, soutien-gorge aux allures de manette de PlayStation, aspirateur sur une plage de sable, langue USB… Sur Instagram, Hanne Zaruma s’empare du quotidien et brouille les fonctions utilitaires des objets pour donner vie à des images déroutantes auxquelles personne n’avait pensé.

Née en 1999 en Ukraine, Hanne Zaruma, artiste contemporaine et étudiante en droit, aime transformer des objets comme du vivant. Elle s’amuse ainsi de la fonction des vêtements sur le corps, fantasme des situations absurdes en renversant la normalité, crée des organes hybrides ou des végétaux connectés à la tech et injecte de la poésie dans les choses qui nous entourent en les transformant. Passée maître dans l’art du détournement par des superpositions et fusions improbables, l’artiste façonne des images qui se rapprochent du trompe-l’œil grandeur nature.

Ironie et anti-romantisme

Aux antipodes des posts à l’eau de rose dont les réseaux sociaux ont toujours été friands, Hanne Zaruma joue aussi avec l’image des relations amoureuses. En photos et vidéos, celle-ci reprend les codes du romantisme 2.0 pour offrir une image de l’amour plus crue, défaite de ses illusions et dotée d’un sens certain de l’ironie où la pitié n’existe pas.

Ses posts montrent un homme qui regarde son ex embrasser à pleine bouche son nouveau crush, un autre qui enlace des draps imprimés à l’effigie d’un corps féminin, un couple qui s’embrasse contre un arbre sur lequel un mec est en train d’uriner, une femme qui s’éclate plus devant sa télé avec un burger qu’avec son copain… Poussée par sa créativité, l’artiste ukrainienne se met elle-même beaucoup en scène et on la retrouve dans nombre de ses courtes vidéos et photos.

Esthétiques, sensuelles et bien souvent satiriques, ses œuvres superposent des éléments pour donner un nouveau sens aux choses. Autant d’images poétiques et résolument contemporaines auxquelles Hanne Zaruma préfère ne pas donner de titre.

“Je ne décris jamais mon travail car je préfère que d’autres le fassent. La seule chose que je peux dire, c’est que je fais ce que je ressens et dans mon travail, je veux faire croire au public à la magie, échapper à la routine et voir la beauté des choses ordinaires”, confiait l’artiste dans une interview donnée à Metal Magazine.

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