Au Louvre, vivez des performances qui font dialoguer les toiles de grands maîtres

Au Louvre, vivez des performances qui font dialoguer les toiles de grands maîtres

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© Agnès Coudurier/AFPTV/AFP

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Par Konbini avec AFP

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Chaque soir, vous pourrez déambuler au beau milieu de La Joconde et de danseurs.

Au Louvre, suivez le guide… par la danse : le musée propose une performance déambulatoire interprétée par une dizaine d’artistes qui dialogueront avec les chefs-d’œuvre de David et de Léonard de Vinci. Baptisé “Forêt”, le spectacle (qui court jusqu’au 10 décembre 2023 dans le cadre du Festival d’Automne) se tiendra après la fermeture du musée, de 19 heures à 21 heures 30, lors des nocturnes. 500 personnes sont attendues chaque soir pour déambuler dans les 5 000 mètres carrés de la célèbre aile Denon, qui abrite La Joconde et d’autres chefs-d’œuvre.

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“Ça invite à une autre lecture, un autre imaginaire chez le [public] explique à l’AFP Anne Teresa De Keersmaeker, célèbre chorégraphe belge qui a conçu la performance avec un autre chorégraphe, Némo Flouret. Les danseur·se·s interprètent notamment des solos, avec des gestes fragmentés et assez dépouillés, devant une trentaine de tableaux, dont Le Radeau de la Méduse de Théodore Géricault, des toiles de Jacques-Louis David (comme Les Sabines), ou de Léonard de Vinci (La Vierge aux rochers, ou encore La Belle Ferronnière).

Pour Némo Flouret, “ces tableaux immobiles nous amènent à comprendre comment cette danse peut devenir un prolongement” de ces toiles, avec ce défi d’amener le public à “regarder le tableau à travers” les danseur·se·s. Autre défi : surmonter les contraintes d’un musée où il n’est pas possible de jouer avec les lumières ou de mettre une musique très forte pour ne pas fragiliser les toiles.

Les performances dans les musées sont de plus en plus programmées, notamment depuis la pandémie, avec une intention d’amener plus de transversalité entre les arts mais aussi d’attirer le public hors des salles traditionnelles. Par exemple, les musées d’Orsay et de l’Orangerie ont aussi accueilli des danseur·se·s au milieu de leurs collections.

Anne Teresa De Keersmaeker et Némo Flouret insistent sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un divertissement mais d’une invitation à prendre son temps pour regarder les tableaux au lieu de les “consommer”. “Il s’agit de ralentir le regard, d’arrêter le temps : on ne regarde plus les peintures, il faut se laisser imprégner par la beauté des choses à travers la danse, dans son effet le moins spectaculaire possible.”