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À la frontière syro-turque, des enfants réfugiés apprennent la photo grâce à Serbest Salih

À la frontière syro-turque, des enfants réfugiés apprennent la photo grâce à Serbest Salih

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© Bilal et Serbest Salih/Mack Books

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Par Sabyl Ghoussoub

Publié le

Le photographe Serbest Salih traverse les villages de la frontière syro-turque avec sa chambre noire.

C’est à Mardin, dans le sud-est de la Turquie, à quelques kilomètres de la frontière syrienne, dans cette ville aux interminables escaliers, que Serbest Salih est arrivé après avoir fui Alep en 2014. Comme beaucoup de ses compatriotes, il s’est retrouvé là, dans cette ville tampon où beaucoup de femmes, d’hommes et d’enfants ont fui les guerres et les persécutions. À Mardin, on peut croiser des Assyrien·ne·s, des Irakien·ne·s, des Kurdes, des Arabes, des Arménien·ne·s, des Turc·que·s.

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Trois ans après, en 2017, le photographe syrien fonde avec d’autres le projet photographique Sirkhane Darkroom, dans le but d’apprendre aux enfants réfugié·e·s à photographier, développer et imprimer leurs images afin d’acquérir les moyens de raconter leur vie et le monde à leur façon. En 2019, le projet devient mobile et Serbest Salih sillonne alors les villages de la frontière syro-turque avec sa chambre noire.

Les enfants ont de 7 à 18 ans, ont pour la plupart connu la violence, la pauvreté et la guerre, et ont rarement l’occasion de s’adonner à des activités ludiques et artistiques. Quand Serbest Salih commence à travailler avec un nouveau groupe, il conseille toujours de prendre les appareils photo et de sortir, d’explorer l’environnement, de laisser libre cours à son imagination. “Je vois comment la photographie ouvre un monde de spontanéité, d’amusement et de magie pour eux.”

L’ouvrage i saw the air fly – aux éditions Mack Books – présente une sélection des photographies prises lors de ces ateliers. Toutes prises en noir et blanc, rien ou presque dans ces images ne reflète la violence, la guerre. Elles ne renvoient pas à un traumatisme ou à une quelconque tristesse. Des enfants jouent, sourient, se mettent en scène. Nous découvrons les intérieurs de leur domicile, des membres de leur famille et parfois, des détails sont capturés comme les mains d’une femme âgée.

D’autres fois, ce sont la rue, la ville, le ciel qui les inspire. Serbest Salih parle des travaux de ces jeunes photographes en ces mots : [C’est] un témoignage de la résilience de l’imagination de la jeunesse, du pouvoir de guérison de la photographie et de la perspective enchanteresse de l’enfance.”

i saw the air fly – Sirkhane Darkroom de Serbest Salih est publié aux éditions Mack Books.