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Cinq figures médiatiques majeures de la communauté trans

Publié le

par Aline Cantos

Cinq figures médiatiques majeures de la communauté trans

Andreja Pejic

De jeunes transgenres se suicident encore partout dans le monde à cause de l’ignorance… donc je pense qu’il y a vraiment un long chemin à parcourir.

Une leçon de vie de taille pour celle qui, à tout juste 23 ans, a connu la guerre civile dans sa Bosnie natale et la précarité d’un foyer emmené par une mère célibataire. Désormais, la militante transgenre a enfin trouvé la paix et ne manque pas de revenir sur ses ressentis dans un entretien accordé au blog T Magazine du New York Times.

Caitlyn Jenner

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Il m’a dit : “pour être honnête avec toi, je pense que Caitlyn est une meilleure personne que Bruce.” […] Je pense qu’il a raison, parce que Bruce devait toujours mentir, vivre dans le mensonge, tous les jours, il avait ce secret du matin au soir. Caitlyn n’a plus de secret.

Laverne Cox

La couverture de Vanity Fair de Caitlyn Jenner a été révélée, proclamant “Appelez-moi Caitlyn”. Je suis touchée par tout l’amour et le soutien qu’elle a reçu.
Quand une personne trans peut présenter son vrai moi au monde pour la première fois et être célébrée aussi universellement, on semble assister à une nouvelle ère.

Néanmoins, celle qui a connu une notoriété exponentielle garde les pieds sur terre. Toujours dans ce même post, elle affirme en toute humilité connaître les limites de son rôle dans la représentation de la communauté trans :

J’ai toujours été consciente que je ne pourrai jamais représenter toutes les personnes trans. Ni une, ni deux, ni même trois personnes trans ne le pourraient. C’est pourquoi nous avons besoin de représentations médiatiques diverses de personnes trans, afin de multiplier les discours trans dans les médias et montrer notre belle diversité. J’ai lancé le hashtag #TransIsBeautiful afin de célébrer toutes ces choses qui font des trans des personnes uniques, ces choses qui ne sont pas nécessairement alignées sur les critères de beauté cisnormés.

Un militantisme intersectionnel pour celle qui, en plus d’être trans, fait partie de la communauté afro-américaine. Et c’est bien de toutes ces particularités que l’actrice nourrit son engagement. Dans son documentaire, intitulé The T Word, Laverne Cox donne la parole à des trans sans distinction d’origine ou de classes sociales. Grâce à cette initiative, elle retrace le parcours de jeunes trans partant de leur enfance jusqu’à l’âge adulte. Ponctuée d’interventions explicatives de l’actrice américaine, la vidéo tente de rendre accessible les problématiques trans au grand public afin de mettre en lumière ce qui a longtemps été tu.
Qui de mieux placé qu’une personne qui a vécu la transition pour en parler ? À travers son activisme, Laverne Cox s’engage corps et âme dans le combat pour l’acceptation et l’égalité des droits. Son personnage dans Orange is the New Black constitue lui-même une démarche engagée puisqu’en incarnant elle-même une trans, l’actrice entend participer à la représentation médiatique des trans mais aussi de la féminité sous toutes ses formes. C’est ainsi qu’elle affirmait lors d’une interview donnée à Salon.com :

On ne voit pas assez de portraits multidimensionnels de femmes trans et de femmes de différentes races, âges et types de corps en prison. On ne voit pas assez de portraits multidimensionnels de femmes qui montrent la diversité de la féminité en général. Je pense que c’est pour ça que les gens sont si réceptifs à cette série [Orange is the New Black, ndlr].

Lana Wachowski

Sans exemples, sans modèles, j’ai commencé à croire ces voix dans ma tête qui me disaient que j’étais un monstre, que j’étais cassée, que quelque chose n’allait pas chez moi, que je ne serai jamais aimable. Après l’école, je suis allée au Buger King, et j’y ai écrit une lettre de suicide sur 4 pages. Je suis un peu bavarde. Elle était destinée à mes parents, je voulais qu’ils soient convaincus que ce n’était pas de leur faute.